La rumeur enfle depuis qu’il a déclenché une tempête politique lors d’une réunion de l’UDC le 12 septembre à Wald (ZH): Ueli Maurer préparerait son départ. Elle s’est encore intensifiée jeudi à Berne à la veille de la séance hebdomadaire du gouvernement. Comme celui-ci ne se réunit plus ensuite avant le 13 octobre, ce serait la dernière possibilité pour le conseiller fédéral UDC d’annoncer son départ pour la fin de l’année. Cela laissera assez de temps à son parti de préparer sa succession.

Ueli Maurer, qui fêtera ses 71 ans le 1er décembre, a toujours dit qu’il partirait à la fin d’une législature. Donc pas avant 2023. Mais pas tout le monde l’a cru. Plusieurs indices montrent qu’il est lassé par cette fonction. Son discours de Wald en est une illustration. Il l’a aussi laissé transparaître au détour de certaines interviews. Il semble fatigué de respecter les sacro-saintes de la collégialité et rêve sans doute de reprendre sa liberté.

Bilan contrasté de la gestion de la crise

Dans son discours de Wald, il a fait un bilan de la gestion de la crise du coronavirus par les autorités politiques, du Conseil fédéral aux cantons en passant par le parlement. Il a salué la manière dont les aides économiques et financières ont été traitées. Il s’est en revanche montré beaucoup plus critique pour la gestion de la crise sanitaire. Ces derniers temps, il s’est souvent opposé à ses collègues sur différentes questions, telles que la gratuité des tests ou le certificat covid.

Cette allocution a scandalisé le Parti socialiste, qui a demandé au président de la Confédération, Guy Parmelin, de dire ce que le Conseil fédéral pensait des propos de son ministre de Finances. Ce fut un sec «no comment». Le PS compte revenir à la charge lors des prochains entretiens de la Maison de Watteville, à la mi-novembre. Il veut débattre de la collégialité et de la cohérence.

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Ueli Maurer a été élu en 2008 pour succéder à Samuel Schmid, tombé en disgrâce au sein du parti. Il a d’abord pris en 2009 la responsabilité du Département fédéral de la défense, qu’il a abandonné en 2016 pour celui des Finances, un portefeuille sur lequel l’UDC lorgnait depuis longtemps. Il a réinsufflé au sein du Conseil fédéral la ligne de l’UDC, comme l’avait fait Christoph Blocher entre 2003 et 2007.