«Le chagrin nous assaille» (Le Matin dimanche), «Hollande: C’est un acte de guerre» (NZZ am Sonntag), «Les larmes après la terreur» (SonntagsZeitung), «Le choc et la tristesse nous foudroient» (SonntagsBlick). Les carnages de la nuit de vendredi à samedi font la une de toute la presse dominicale en Suisse.

C’est une guerre, soit, mais laquelle? contre qui?, interroge l’éditorial de la rédactrice en chef du Matin Dimanche. La France, écrit Ariane Dayer, ne pourra se contenter ni de désigner un ennemi étranger, ni de le bombarder: «Un pays qui est la cible, à dix mois d’intervalle, de deux attentats aussi sanglants a aussi d’énormes fragilités en lui, d’intégration et de sécurité. Dans toute l’Europe de ce siècle, les champs de bataille seront bien souvent intérieurs.»

Schengen dans le collimateur

Pour l’éditorialiste de la NZZ am Sonntag, la sécurité en Europe ne pourra pas être améliorée sans recours à au moins certaines des méthodes que les États-Unis ont adoptées dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001: davantage de surveillance, de collecte des données personnelles sur le web, de logiciels espions et de contrôles de police.

Responsable de la Défense et du renseignement, le conseiller fédéral UDC Ueli Maurer, lui, veut rétablir les contrôles aux frontières. Et renforcer les effectifs des gardes-frontières. «Schengen et Dublin ne fonctionnent manifestement plus», lance-t-il dans le SonntagsBlick. Le ministre note cependant que ses services n’ont pas d’indices laissant penser que la Suisse serait concrètement menacée. «Le danger a cependant tendance à augmenter», explique-t-il dans la NZZ am Sonntag.

Lire: «Les cantons romands relèvent le degré de vigilance et renforcent la sécurité aux frontières»

Les «traîneurs de sabre»

Les réponses adéquates ne viendront pas des «traîneurs de sabre», est convaincu le Secrétaire d’État aux migrations, Mario Gattiker. La sécurité est déjà la priorité dans l’analyse des dossiers des requérants d’asile, souligne le haut fonctionnaire dans la SonntagsZeitung, qui table avec un nombre global de 34 000 arrivées de requérants en Suisse pour toute l’année.

En matière de sécurité, «les autorités examinent tout ce qui est possible», sans pouvoir bien entendu passer au crible toute l’existence passée d’un requérant et sans pouvoir garantir qu’il ne se radicalisera pas après son arrivée en Suisse. À ses yeux, le contexte n’est toutefois pas le même qu’en France. «Nous avons par exemple toujours délibérément cherché à éviter la ghettoïsation» de certaines communautés. Cela n’a ainsi «aucun sens» de prétendre que l’intégration des musulmans serait vouée à l’échec.