Le Suisse Uli Sigg, collectionneur d’art, vient de faire don de plusieurs œuvres d’art chinois contemporain à un musée de Hongkong pour l’équivalent de 170 millions d’euros. Le musée devrait ouvrir ses portes en 2017, a annoncé Uli Sigg aujourd’hui à Art Basel.

Les quelque 1500 pièces données par Uli Sigg feront partie de l’exposition permanente du Museum Plus (M+), un musée d’art moderne phare dans le quartier de Kowloon.

Uli Sigg a négocié pendant plusieurs années avec plusieurs villes chinoises ou européennes avant de donner ses œuvres. Ce legs a été salué comme «historique» dans la région chinoise largement autonome. Il permettra de «renforcer notre position comme centre culturel en Asie», a dit le premier secrétaire du gouvernement et numéro deux de Hongkong, Stephen Lam, à l’ATS.

Uli Sigg, cité par Reuters, a indiqué que Hongkong lui permettait de montrer librement les œuvres de quelque 350 artistes contemporains chinois importants, dont le contestataire Ai Weiwei, contrairement «aux limitations» habituelles en Chine. «Il est très important pour moi» que des Chinois puissent accéder à ces œuvres, a-t-il souligné.

En avril 2011, le gouvernement chinois faisait arrêter Ai Weiwei à l’aéroport de Pékin alors qu’il voulait discuter à Hongkong, avec Uli Sigg, des détails d’une exposition au Kunstmuseum de Lucerne. Le collectionneur a réagi en utilisant la plateforme médiatique pour tirer à boulets rouges sur le régime chinois. Ai Weiwei a été libéré en juin.

Commissaire général du pavillon suisse de l’Expo universelle, entrepreneur, inventeur (pour le compte de l’entreprise Schindler) de la formule du joint-venture pour les investisseurs étrangers en Chine, Uli Sigg était aussi ambassadeur de Suisse en Chine de 1995 à 1998.

Il s’est passionné pour l’art chinois après la mort de Mao, alors même que le phénomène passait inaperçu en Occident. Au point de devenir le plus grand collectionneur d’art contemporain chinois au monde, doublé d’un expert à l’autorité incontestée. Il veille aujourd’hui sur un ensemble unique: 2000 pièces de 250 artistes, la crème de la production des trente dernières années à Pékin ou Shanghai.