GENEVE

Uli Windisch chahuté par des étudiants

Le sociologue dénonce l'emprise du «politiquement correct»

«Nous ne voulons pas d'une sociologie tendancieuse, mais d'une sociologie qui soit la plus objective, la plus critique (au sens scientifique du terme) et la plus représentative possible.» C'est ce que soulignent neuf signataires de l'Association des étudiants genevois en sociologie (AES) dans une lettre parue dans la Tribune de Genève. Ils s'en prennent à leur professeur, Uli Windisch, sociologue médiatique et directeur d'une filière d'études en communication à l'Université de Genève. En cause, des propos tenus par l'enseignant sur les dernières votations fédérales.

«Consternation»

Entre autres, Uli Windisch relevait que, dans le domaine de l'asile, «il est évident que si l'on avait été plus sévère avec les abus, l'image des immigrés aurait été aujourd'hui plus positive». Et de rappeler des statistiques sur la délinquance parmi les requérants. L'AES exprime sa «consternation». Membre du comité, Aurélie Jaeckle précise: «Nous ne mettons pas en cause ces propos sur le fond. Mais quand il intervient ainsi dans les médias, il nous semble qu'un sociologue devrait faire preuve de précaution dans ses formulations, et dans l'usage des statistiques.» Dans leur manifeste, les étudiants demandent que «la parole soit dorénavant accordée à différentes tendances et que M. Windisch prenne ses distances par rapport à sa position de sociologue lors de ses interventions publiques».

«Saloperie intellectuelle», rétorque l'intéressé. «Je ne professe aucun extrémisme, j'essaie d'analyser l'UDC de manière un peu plus nuancée que de dire «tous fachos». Je suis l'enseignant qui donne le plus d'heures de cours en sociologie, et c'est à moi qu'on s'en prend», déplore-t-il. Tout en soupçonnant derrière ces attaques la montée en puissance du politiquement correct de gauche dans les facultés universitaires, razzia qu'orchestreraient les «panzerdivisions bourdieusiennes»: «Ce département (ndlr: de sociologie, où enseignait Jean Ziegler) a été un modèle de pluralisme. L'évolution actuelle est très grave», estime-t-il. Pour sa part, le recteur André Hurst déplore qu'un tel «déballage» ait lieu dans la presse, «ce qui indique un défaut de communication embarrassant».

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