»Adieu Jean-Claude». Le salut de Pascal Broulis a résonné familier dans la cathédrale de Lausanne remplie d’un millier de personnes pour les obsèques de Jean-Claude Mermoud. Le conseiller d’Etat UDC était décédé subitement mardi dernier des suites d’un accident cardio-vasculaire à 59 ans. Au terme de son éloge, le président du gouvernement vaudois a voulu de cette manière souligné les liens d’amitié entre les membres du Collège. Emus et en larmes.

Auparavant, le pasteur André Joly avait évoqué l’art de la semence que le magistrat maîtrisait en politique et dans les champs. «Toute sa vie, a-t-il relevé, il a semé des graines dont on verra les résultats». En présence de la famille de Jean Claude Mermoud et des autorités du pays, dont le conseiller fédéral Ueli Maurer, la cérémonie a célébré à la fois l’humanité «terrienne attachée comme l’arbre à ses racines» et le parcours public empreint de «droiture» du doyen du Collège, élu en 1998.

L’un des derniers représentants de l’aile agrarienne de l’UDC a siégé pendant 13 ans à l’exécutif. A l’approche des élections cantonales de mars 2012, Jean-Claude Mermoud avait annoncé qu’il quitterait le Gouvernement. Non pas pour profiter d’une paisible retraite entre Eclagnens, son village, et les Diablerets, où il possédait un chalet, mais pour briguer un siège au Conseil des Etats. Il était ainsi devenu un concurrent sérieux de la paire rose verte - Géraldine Savary et Luc Recordon - qui occupe depuis 2007 les deux fauteuils vaudois de la Chambre Haute.

Or, son décès, abrupt, a ouvert une période d’incertitude. Une élection complémentaire doit être organisée d’ici trois mois pour lui trouver un successeur. Les partis, qui ont respecté une trêve d’une semaine, vont maintenant dévoiler leurs stratégies.