«Nous allons nous battre jusqu’à la dernière cartouche!» Malgré les sondages qui prédisent l’acceptation de l’initiative de l’UDC «pour le renvoi des étrangers criminels», le comité interpartis pour le contre-projet des Chambres fédérales voulait encore croire, vendredi, pour sa dernière conférence de presse, à un sursaut. «Regardez ce qui s’est passé parmi les électeurs radicaux, explique le conseiller national Philipp Müller (PLR/AG): lors du premier sondage ils auraient voté oui à l’initiative. Aujourd’hui ils ne sont plus qu’une minorité.»

«Nous sommes la coalition de la raison», décrète son collègue Ger­hard Pfister (PDC/ZG). Autour du secrétaire général de l’Organisation d’aide suisse aux réfugiés (OSAR) Beat Meiner, on trouve encore les dissidents socialistes Beat Heim (SO) et Andy Tschümperlin (ZH), qui ont pris quelque liberté avec le double non de leur parti. Il souffle un vent de fronde dans cette «coalition de la raison». L’OSAR elle-même a pris le contre-pied du double non des deux organisations caritatives, Caritas et l’Entraide protestante, membres de son conseil de fondation.

Un «susucre»?

Autour de l’OSAR, ces élus du centre droit et de gauche ont en commun d’être membres de la Commission des institutions politiques du Conseil national, qui a concocté le contre-projet. C’est leur œuvre qu’ils défendent, mais c’est surtout l’article sur l’intégration qui leur tient à cœur, car ils l’estiment injustement ignoré et maltraité durant la campagne. Ils rejettent notamment l’idée répandue à gauche selon laquelle cet article ne serait qu’un «susucre» pour faire passer les dispositions répressives. «Pour la première fois, a insisté Beat Heim, l’intégration est hissée au même niveau constitutionnel que la répression.» L’article crée des obligations pour les cantons et les communes, mais aussi pour la Confédération, qui devra soutenir les initiatives locales.

De son côté, le Centre patronal vaudois recommande le double non, à l’initiative et au contre-projet, car, selon lui, ce dernier porterait atteinte au fédéralisme en harmonisant dans les cantons les mesures d’expulsion des étrangers.