On apprend, de sources proches du dossier concernant le procès en diffamation des quatre membres du groupe féministe Bad Girls devant le tribunal de police de Lausanne, qu'un accord est intervenu hier entre les parties, vidant de son sens la plus grande partie de cette procédure judiciaire agendée les 6 et 7 mars. En effet, le professeur de l'Université de Lausanne qui avait déposé plainte en août 1997 contre les Bad Girls qui l'accusaient de harcèlement sexuel – accusation dont il a été libéré sur les plans pénal et administratif – a accepté de renoncer à ses poursuites, afin de favoriser le retour à un climat de saine discussion et confiance au sein de l'Université et des milieux féministes.

En échange, les inculpées affirment qu'elles ne visaient pas le professeur lors de leurs campagnes d'information sur le harcèlement, et regrettent qu'il ait pu en juger autrement. Elles reconnaissent solennellement son innocence dans l'affaire qui l'avait opposé à son assistante en 1997, affaire qui s'était conclue pour lui par un non-lieu, plus discret que ne l'avait été l'accusation. Le professeur, de son côté, reconnaît la légitimité de la lutte contre le harcèlement sexuel.

Cet accord, dont viennent d'être informées les personnes concernées par le procès, pourrait mettre fin à la montagne de malentendus accumulés ces derniers temps autour du procès des Bad Girls. Celles-ci ont en effet récolté un grand nombre de signatures de sympathisants et annonçaient de grands mouvements de foule autour du tribunal pour défendre la liberté d'expression.