La décentralisation de l'administration cantonale dans les régions n'est pas un phénomène nouveau, mais la création d'un office cantonal hors de Lausanne est une première. Le gouvernement vaudois, favorisé par l'avènement «des autoroutes de l'information», saisit l'occasion qui lui est donnée de rééquilibrer les chances entre les régions favorisées du canton et les autres, souvent à l'écart des moyens de communication.

Il faut donc saluer cette initiative. Lausanne se remettra sans peine de voir un service cantonal lui échapper, même si certains milieux y trouveront la confirmation d'une politique à terme dangereuse pour la capitale, qui perd progressivement son rôle de ville centre. De telles critiques avaient été émises autour du projet de Marcelin, parce que les apprentis déserteront progressivement le centre-ville lausannois.

Reste que le geste qui consiste à accorder un petit sucre à une cité qui souffre d'un syndrome d'abandon ne doit pas faire illusion. Le rééquilibrage nécessaire du canton nécessite des mesures autrement plus vigoureuses, dont, en première ligne, la fin des disparités fiscales.

A ce titre, le district de Moudon, qui compte nombre de communes dont le taux d'impôt est égal ou supérieur à 110, est en droit d'attendre encore plus de la solidarité cantonale.

M. P.