Le suspense sur l'entrée en lice de la justice pénale n'aura guère duré. Quinze jours après l'annonce de la recapitalisation nécessaire à la BCV, un petit actionnaire «s'estimant lésé par les agissements des responsables de la banque» a déposé plainte contre inconnu. «Cela rend sans objet la réflexion sur une éventuelle enquête d'office», a commenté le juge d'instruction cantonal, Jacques Antenen. Cela ôte aussi toute urgence à la question de savoir si l'Etat doit également déposer plainte.

Jacques Antenen annonce que l'enquête sera confiée à Jean Treccani, l'un de ses substituts, spécialisé dans les affaires économiques. Il est encore trop tôt pour savoir dans quelle mesure les enquêtes parlementaires, indépendantes ou pénales, risquent de se gêner ou au contraire de se compléter: «J'attends de voir le mandat qui a été confié à M. Bernasconi», note le juge d'instruction. Il estime toutefois «très théorique» le risque de voir la justice retenir des pièces que les autres enquêteurs voudraient voir.

La justice vaudoise va vers un travail de longue haleine: «Ce sera évidemment une enquête ardue et compliquée. On s'organisera pour créer une structure adéquate», promet Jacques Antenen. A Genève, il a fallu un pool de quatre juges pour tenter d'y voir clair dans les affaires de la BCGE.