Si l'on s'en tient à ses propositions concrètes, cette initiative, qui n'en est qu'au stade d'ébauche, paraît vouée à l'échec. Vouloir priver les cantons de leur part de bénéfices de la BNS est totalement utopique. Par ailleurs, on voit mal la population accepter l'introduction d'un impôt fédéral sur les successions alors que les pressions se multiplient pour supprimer les taxes cantonales qui frappent l'héritage.

Cette initiative émane certes d'un comité presque exclusivement composé de vieilles gloires de la politique nationale et de déçus de la politique sociale défendue par la tête du Parti socialiste. Leur démarche est toutefois révélatrice du malaise qui mine actuellement le parti. On a en effet l'impression qu'elle vise davantage à faire sortir le PSS du bois afin qu'il défende, publiquement et avec force, les valeurs sociales qu'à contrer les velléités – peu sérieuses – de l'UDC ou d'autres milieux de privatisation de l'AVS. Elle contraste avec l'angélisme de nombreux socialistes qui s'accrochent à la retraite à 62 ans et se contentent de dire qu'il suffit de créer des emplois pour que tout aille bien. En ce sens, l'initiative a le mérite d'alimenter la réflexion, indispensable, sur le financement à long terme de l'AVS.