La dernière étape de la saga des fonds en déshérence a été lancée hier au 32e étage d'une banque de New York par Paul Volcker et Michael Bradfield. Dans six mois, tous les candidats à une réparation financière des banques suisses, autrement dit à une part des 800 millions de dollars attribués, devront s'être fait connaître au Tribunal de résolution des plaintes à Zurich. Volcker, le grand calme, Bradfield, le petit nerveux, après avoir été les tourmenteurs des banques suisses lors de fameux audits, ont été désignés special masters par le juge new-yorkais Edward Korman: c'est eux qui verseront l'argent aux auteurs des requêtes acceptées.

Noms surprenants

Une liste, réduite, de 21 000 comptes ayant une relation «probable ou possible» avec des victimes de l'Holocauste a été publiée hier sur plusieurs sites Internet. On y relève comme d'habitude des noms qui surprennent: un Albert Einstein, d'Allemagne, un Sigmund Freud, d'Autriche. La liste est accompagnée d'explications et d'un questionnaire de 16 pages que les candidats à une restitution doivent retourner au tribunal.

Les textes publiés sur la Toile comprennent aussi des «règles» à appliquer dans le processus d'examen des demandes. Rédigées par Volcker et Bratfield, elles répètent la demande faite à toutes les banques suisses de donner accès, sous certaines conditions de confidentialité, à 4,1 millions de comptes, pour des vérifications quand ce sera nécessaire. C'est un point de friction central entre les banques et les deux «maîtres», qui font ce rappel un peu menaçant: «Ce serait une erreur historique, perpétuant des erreurs du passé, si des obstacles étaient mis à la consultation pratique et efficace» de ces informations.

Les demandes de restitution seront nombreuses. Les formulaires à retourner ont déjà été adressés à 82 000 personnes qui avaient manifesté des prétentions dans le passé. Et quiconque peut remplir un questionnaire, que son nom apparaisse ou non sur la liste des 21000.

Par ailleurs, les organisations juives ont actionné de puissants réseaux aux Etats-Unis et dans le monde pour aider les gens, souvent des personnes âgées, à faire leur demande. La seule Claims Conference met à disposition 165 centres américains, et une cinquantaine dans d'autres pays.

Mais, au bout du compte, les 800 millions du fonds alimenté par UBS et CS Group ne sont-ils pas un montant exorbitant pour les restitutions qui seront finalement acceptées? Pau Volcker refuse de se prononcer. Si des millions restent, on leur trouvera d'autres affectations, ajoute Michael Bradfield. A New York, un nouveau comité de conseillers va se mettre en place pour assister les special masters.

www.dormantaccounts.ch,

www.crt-ii.org,

www.swissbankclaims.com