Son surnom va vite circuler dans les milieux helvétiques chargés des questions européennes. Le Temps a appris, en marge de la première session du nouveau Parlement européen à Strasbourg, que l’ancien ministre irlandais de la santé Pat «The Cope» Gallagher présidera désormais la délégation en charge des relations avec la Suisse.

Cette délégation, dont la tâche prioritaire consiste à cultiver de bonnes relations politiques avec la Confédération, était présidée depuis le début 2007 par l’ex-élue bulgare Bilyana Raeva, battue lors du scrutin du 7 juin. La libérale britannique Diana Wallis l’avait aussi présidée, lorsque la délégation s’occupait conjointement des relations avec les pays de l’Association européenne de libre-échange (Suisse, Norvège, Islande, Liechtenstein).

Membre de l’Alliance des libéraux-démocrates (ALDE), dont le groupe parlementaire est désormais dirigé par l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, M. Gallagher sera bien placé pour évoquer avec ses futurs interlocuteurs suisses le «non» infligé par les électeurs insulaires au Traité de Lisbonne le 12 juin 2008. Sa circonscription, dans le nord-ouest du pays, était alors l’un des fiefs nonistes. Un second référendum aura lieu en Irlande le 2 octobre.

Tirant son surnom d’une coopérative agricole du Donegal, sa province d’origine, cet ancien exportateur de poissons, entré en politique en 1979 au sein de l’actuel parti gouvernemental Fianna Fail, a successivement détenu les portefeuilles ministériels de la Marine, des Transports et de la Santé. Mais il est surtout un parlementaire européen expérimenté, d’abord élu en 1994, puis en 1999. Avant de retourner, en 2002, à la politique nationale.

La délégation du Parlement européen chargée des relations avec la Suisse est un canal officieux de discussions et d’échange entre la Confédération et l’UE. Son rôle «d’amortisseur», en période de tensions politiques, peut toutefois s’avérér utile alors que pas mal d’élus socialistes et écologistes veulent d’urgence remettre sur le tapis la question de l’évasion fiscale et du secret bancaire, et s’en servir lors des futures auditions du président sortant de la Commission européenne José-Manuel Barroso, candidat à un second mandat. Libéral, Pat «The Cope » Gallagher est en effet sur une ligne très différente du socialiste français Benoit Hamon (battu le 7 juin) qui avait fait adopter, en mars, un rapport parlementaire proposant l’abolition pure et simple du secret bancaire en 2014 au sein de l’UE et de ses pays tiers.