Lors de la campagne en vue du double scrutin du 22 septembre sur l'or de la BNS, un petit comité de radicaux emmené par le sénateur appenzellois Hans-Rudolf Merz – devenu dans l'intervalle le papable principal à la succession Bührer – avait milité pour le double non. Paradoxalement, bien qu'exaucé, ce groupe n'en a pas acquis pour autant une légitimité particulière à revendiquer le leadership sur la suite à donner aux événements.

Les arguments déployés en faveur du double non n'ont en effet joué qu'un rôle «très faible» dans l'issue du scrutin, souligne l'analyse VOX. Seul un citoyen sur cinq a déposé un double non dans l'urne. La victoire du comité Merz n'est donc en rien la marque d'un soutien au modèle de répartition qu'il propose (un tiers à la Confédération, deux tiers aux cantons) mais le résultat de la neutralisation mutuelle des partisans respectifs de l'initiative et du contre-projet. Le double non sorti des urnes n'est donc pas une invitation à l'immobilisme politique mais au contraire à une remise de l'ouvrage sur le métier. Les Suisses souhaitent très massivement que la thésaurisation des excédents de la Banque nationale cesse et que ceux-ci soient affectés à des fins qui profitent directement et visiblement à la société. L'analyse VOX laisse penser que le peuple est prêt à accepter toute solution expurgée de la Fondation Suisse solidaire pour autant que le pactole soit réparti sur plusieurs bénéficiaires, l'un d'entre eux devant être l'AVS.