Genève

Un architecte genevois met la ville en échec

Genève voulait construire un foyer pour étudiants d’une étroitesse extrême: 6 mètres de large. C’était compter sans la pugnacité de l’architecte Michel Acquaroli, qui s’est révolté contre cette «aberration urbanistique» et a eu gain de cause au Tribunal fédéral

Il aurait eu l’air d’une feuille de papier, l’immeuble extra-mince dont Genève voulait faire l’expérience: un bâtiment d’une étroitesse fantaisiste – 6 mètres de large –, qui serait venu fermer l’îlot de deux barres d’immeubles à la rue Emile-Yung, près de l’hôpital. Ce songe s’est envolé avec un arrêt du Tribunal fédéral. Au grand dam de la ville, qui soutenait ce projet de la Fondation universitaire pour le logement des étudiants (FULE), et à la triomphante satisfaction de Michel Acquaroli, l’architecte promoteur qui combat cette extravagance depuis plus de dix ans.

Il faut dire que l’homme est du genre coriace, de ceux que la lutte ne rebute pas, dût-elle être menée contre l’autorité de l’Etat: «Tout insignifiant que je sois, je ne suis pas mécontent d’avoir cassé la figure à la ville, réagit-il. Car j’ai dû me battre comme un chiffonnier contre cette aberration urbanistique.» Propriétaire de l’immeuble contre lequel serait venu se coller ce foyer pour étudiants, le Carougeois avait intérêt à s’attaquer à cette densification. Il n’était pas seul: plus de 60 riverains, propriétaires et locataires, l’ont suivi, redoutant de voir leur vue bouchée par neuf étages de béton.