«L'avion roulait à environ 240 km/h. Il n'avait juste pas atteint la vitesse de décision V1. Il était dès lors toujours possible de freiner et d'arrêter l'appareil.» Porte-parole de l'Aéroport international de Genève, Philippe Roy explique pourquoi un Airbus A330 de la compagnie Swiss, volant de Genève à destination de New York, a dû, à 12 h 30, subitement interrompre son décollage en raison d'un problème dit aviaire, signalé par une alarme d'un moteur. Un gros oiseau, en l'occurrence une buse ou un milan, a été aspiré dans l'un des deux réacteurs, qui a émis de la fumée.

L'appareil, avec 196 passagers et 12 membres d'équipage à bord, s'est immobilisé sur la piste 23 de l'aéroport. Le Service de sécurité de Cointrin est immédiatement intervenu pour refroidir d'une part le réacteur et d'autre part les freins, qui ont été mis à rude contribution en raison du poids maximal de l'avion au moment du décollage. Plusieurs camions de pompiers ont ainsi pris les mesures de prudence qui s'imposaient, étant donné que l'Airbus était plein de kérosène.

Quant aux passagers, ils ont pu être évacués par les échelles habituelles et conduits dans une salle d'attente où ils ont été pris en charge par le personnel de Swiss. Aucune assistance psychologique n'a toutefois été nécessaire. Pour sa part, Swiss a annulé un vol en partance de l'aéroport de Zurich pour Johannesburg afin de mettre un Airbus A340 à disposition. Les passagers à destination de New York ont pu ainsi redécoller sur le coup de 19 h 30.

Ce type d'incident est relativement rare, l'aéroport n'en comptabilisant qu'un tous les deux ans. Et si l'avion avait tout de même décollé? Selon le porte-parole Philippe Roy, «c'est toujours possible de le faire avec un moteur, qui est alors mis sous forte pression. Le cas échéant, le pilote aurait dû monter à au moins 1000 mètres au-dessus du sol et survoler une zone peu habitée pour pouvoir larguer du kérosène.»