S'il fallait chercher un nouveau signe de la normalisation des relations entre la Suisse et les Etats-Unis, Bill Clinton vient d'en donner un sans ambiguïté cette semaine en nommant au poste d'ambassadeur américain en Suisse Richard Fredericks, un homme d'affaires californien. L'actuelle titulaire du poste, Madeleine Kunin, quittera ses fonctions à la mi-août.

Diplômé des universités de Georgetown à Washington et de Columbia à New York, ce banquier est un spécialiste de la haute finance et des marchés boursiers. Né en 1945 à Detroit, Michigan, il commence sa carrière en 1970 chez Dean Witter comme analyste boursier avant de rejoindre Shuman, Agnew & Cie. En 1977, il entre chez Montgomery Securities, devenue aujourd'hui Nationsbanc Mongomery, une filiale de BankAmerica Corporation, comme directeur des services financier et bancaire. Nommé responsable des investissements en 1995, il a supervisé depuis plusieurs fusions dans les domaines financier et bancaire.

Un bailleur de fonds

La date de son entrée en fonctions n'a pas été annoncée car elle dépend de la confirmation de sa nomination par le Sénat. «Ce peut être une affaire de semaines comme de mois», commente un porte-parole de la Maison-Blanche. A priori, rien ne devrait venir contrecarrer cette nomination, même si Richard Fredericks est un important bailleur de fonds du Parti démocrate. En 1996, il avait versé 100 000 dollars à la campagne Clinton-Gore. Rien d'exceptionnel cependant. L'attribution de postes d'ambassadeur à des donateurs du parti au pouvoir est même chose courante aux Etats-Unis, surtout pour des pays qui n'ont pas la réputation d'être des postes sensibles. Pour la Suisse, c'était plutôt la nomination en 1996 de Madeleine Kunin, ancien gouverneur du Vermont, qui marquait une rupture avec la tradition. En pleine tourmente des fonds juifs, la politique prenait alors le pas sur l'économique.

L'arrivée prochaine de Richard Fredericks signale donc bien un retour à une certaine normalité et replace les affaires commerciales au centre des relations bilatérales américano-suisses. Un changement plutôt bien reçu dans les milieux diplomatiques suisses. Reste à savoir ce que ce banquier pourra accomplir en un peu plus d'un an. Logiquement, à moins qu'Al Gore soit élu en 2000 et décide de confirmer sa nomination, Richard Fredericks devrait présenter sa démission lors du départ de Bill Clinton en janvier 2001.