Neuchâtel confirme son image de cancre romand en matière de finances publiques. Le budget 2010 du Conseil d’Etat présente un déficit de 34,3 millions de francs (1,98% des revenus déterminants), à l’extrême limite fixée des 2% fixée par le frein à l’endettement.

Le canton est le seul, avec Genève, à présenter un budget dans les chiffres rouges. Mais le projet présenté début septembre par le gouvernement genevois comprenait des investissements anticrise pour un montant record de plus de 900 millions (380 millions en 2005). A Neuchâtel, outil de maîtrise des finances obligent, les investissements nets restent anémiques. Ils atteignent 64 millions, soit la moitié d’il y a dix ans.

Paradoxe amer: avec son profil industriel et exportateur, le canton est plus touché que les autres par la crise économique. Le Conseil d’Etat à majorité libérale-radicale a renoncé à assouplir le frein à l’endettement, comme l’autorise la loi. Il a privilégié «l’équilibre des sacrifices» pour ne pas freiner la nécessaire réforme de l’appareil d’Etat. Il promet des réformes structurelles dans son programme de législature, qui sera présenté à la fin du mois d’octobre.

La gauche, majoritaire au Grand Conseil, n’apprécie guère l’exercice. Le PS dénonce un budget qui a pour seul objectif de «rentrer» dans la limite du frein à l’endettement. Une méthode qui «occulte les projets politiques de fond, c’est-à-dire l’avenir du canton de Neuchâtel».