Patrimoine

Un bureau d’architectes lausannois dessinera l’Hôtel des archives genevoises

Pour des raisons de conservation et de sécurité, les Archives d’Etat vont déménager dans les bâtiments de l’Arsenal. Les travaux doivent démarrer avant novembre 2020

Le futur Hôtel des archives a trouvé son architecte. Les autorités genevoises ont présenté, lors d’une conférence de presse, les lauréats du concours pour le nouveau bâtiment des Archives d’Etat. Les maquettes du projet intitulé «Tityre» ont été révélées ce lundi dans les locaux des actuelles archives en Vieille-Ville. L’objectif est de rassembler les archives aujourd’hui disséminées sur sept sites différents.

Parmi les 11 propositions concurrentes, c’est l’équipe d’architectes lausannoise Pont 12 qui a été sélectionnée. Associés à des ingénieurs et à des paysagistes, ils ont conçu un bâtiment intimiste en centre-ville dans les locaux de l’Arsenal. Avec son entrée rue de l’Ecole-de-médecine, le bâtiment ouvert au public comptera plus d’une centaine d’arbres dans sa cour intérieure rectangulaire.

L’objectif est ainsi de transformer cet actuel parking en jardin accessible à la population. Le public pourra accéder à la grande salle, avec consultation des documents et bibliothèque, orientée sur l’espace de la cour. Les bureaux de l’administration cantonale occuperont l’étage du corps principal tandis que les combles resteront attribués à la Compagnie de 1602. Les trésors les plus anciens seront, eux, enterrés sous la cour intérieure.

Trente kilomètres de linéaires

Pour Pierre Flückiger, archiviste d’Etat, il était «impératif de répondre au problème de la sauvegarde du patrimoine et de trouver une solution responsable pour préserver les archives de la République». Assemblées, ces archives s’étendent sur 30 kilomètres linéaires, allant du parchemin au papier jusqu’aux plus récentes documentations numérisées. Elles regroupent plus de mille ans d’histoire genevoise, le plus ancien document datant de l’année 912. Actuellement, les bâtiments ne respectent plus les normes de sécurité contre les incendies ou les inondations, et les conditions d’humidité et de températures sont défavorables à la conservation de documents anciens.

Le bâtiment situé sur les rives de l’Arve a demandé une réflexion prioritaire quant aux risques de débordement de la rivière. Ainsi, les ingénieurs et architectes assurent que les archives enterrées sont protégées par une construction bétonnée ainsi que par un système de redirection des eaux.

Financement assuré par Hans-Wilsdorf

Le projet de 50 millions de francs est financé à hauteur de la moitié par L’Avenir du Passé, association dotée par la Fondation Hans-Wilsdorf. Cette dernière n’a exprimé qu’une seule condition: que les travaux commencent impérativement avant novembre 2020. Le conseiller d’Etat chargé des finances, Serge Dal Busco, a précisé que ce projet n’aurait pas été possible sans cette donation.

Le choix d’un bâtiment en centre-ville correspond à l’envie de rapprocher les archives d’Etat de la population. Pour François Longchamp, président du Conseil d’Etat genevois et membre du jury, «les archives doivent être au cœur de la cité», et accessibles tant aux chercheurs de l’université avoisinante qu’aux citoyens.

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