Un mois après le rejet de la réforme des retraites par le peuple, le conseiller fédéral Alain Berset a organisé une table ronde avec les représentants de 27 partis et associations. Point positif: le climat, qui était devenu très agressif en fin de campagne, s’est pacifié, de sorte qu’une volonté se dégage pour relancer rapidement le débat. Point négatif: il est aujourd’hui difficile de discerner le moindre consensus. «Ce n’est pas une surprise pour moi. Il y a désaccord sur presque tous les points», a noté le patron de la santé lors d’un point de presse.

Niveau des rentes maintenu

Dans le camp bourgeois, que le PDC donne l’impression d’avoir rejoint, l’on n’a pas envie de faire traîner les choses. Plusieurs ténors déclarent vouloir boucler un nouveau projet avant la fin de la présente législature. Un calendrier ambitieux, même si tout le monde ou presque se rejoint sur deux points essentiels. D’une part, on reconnaît la nécessité d’une réforme, aussi bien dans le premier que dans le deuxième pilier. D’autre part, on s’accorde pour maintenir le niveau des rentes à leur état actuel.

Après le rejet du paquet global d’Alain Berset le 24 septembre dernier, l’on se dirige vers une réforme parallèle de l’AVS et du deuxième pilier. Même si les deux comités référendaires de gauche, qui étaient présents à Berne, font partie des vainqueurs de la votation, il apparaît que la droite dictera la marche à suivre. L’UDC et le PLR ont défendu des positions très proches l’une de l’autre.

Concernant l’AVS, les partis bourgeois semblent d’accord sur les grands principes: augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, malgré l’opposition de la gauche, et financement de la réforme par une hausse modérée de la TVA. Il n’est pas exclu que l’on octroie une hausse des rentes très ciblée pour les femmes et les petits revenus.

Marge de manœuvre «étroite»

Pour ce qui est de la prévoyance professionnelle, la baisse du taux de conversion, que le projet d’Alain Berset envisageait de 6,8 à 6%, reste urgente, ont souligné les assureurs. On s’acheminera probablement vers un taux similaire.

Au terme de la réunion, les premières réactions ont été très prudentes: «La marge de manœuvre pour parvenir à un consensus est très étroite», a confié Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse. Vice-président du PDC, Yannick Buttet a ajouté: «Attention au diable qui se cache dans les détails!»