Un nouveau cas de vache folle a été détecté sur une bête abattue fin janvier à Martigny. Le contrôle n'avait pourtant pas révélé de symptôme, et la bête aurait dû être destinée à la chaîne alimentaire. Préoccupé, le conseiller d'Etat valaisan Thomas Burgener demande à Berne d'introduire un dépistage systématique. Mais l'affaire ne devrait pas pour autant modifier la position des autorités fédérales.

La vache, âgée de 5 ans, a été achetée le 29 janvier au Marché de Bulle et abattue le même jour en Valais. Le contrôle vétérinaire n'a toutefois pas fait apparaître de signes cliniques ou neurologiques. Ce n'est qu'à l'examen postérieur de la cervelle, au hasard d'un sondage, que l'animal s'est avéré positif à l'encéphalite spongiforme bovine (ESB). Le résultat a ensuite été confirmé par le laboratoire de l'Université de Berne.

La bête a été séquestrée et incinérée. Averti, le vétérinaire cantonal fribourgeois a ordonné un séquestre provisoire de l'élevage, dans l'attente d'une histologie approfondie. Ce cas, le 14e en Valais, a fait réagir le chef du Département de la santé, qui a écrit au conseiller fédéral Pascal Couchepin. Il lui demande de «prendre sans retard les mesures visant à introduire en Suisse un dépistage systématique de l'ESB».

Thomas Burgener estime cette mesure indispensable vis-à-vis des consommateurs. «Le cas est inquiétant. On ne peut pas se contenter de tests ponctuels par sondage. Il faut faire tout ce qui est possible. Ce test ne coûterait que 15 millions pour toute la Suisse, et il faut vraiment éviter que de la viande contaminée soit aussi sur le marché.»

De son côté, l'Office vétérinaire fédéral n'a pas encore officiellement annoncé ce cas. Actuellement, selon ses directives, les organes à risque de l'animal sont éliminés afin de rendre le danger de contamination minime. Selon le porte-parole Heinz Müller, un tel test «représenterait surtout un moyen de donner confiance au consommateur, ce qui n'est pas l'affaire de l'Etat». Ne pouvant être effectué que sur les bêtes de plus de 30 mois, il ne concernerait que 200 000 têtes, sur les 700 000 tuées par an.

Malgré les remous au sein de l'Union européenne, la position suisse ne devrait pas changer. D'autant que les deux principaux distributeurs, Coop et Migros, ont volontairement imposé ce test, depuis février, pour les vaches de plus de 2 ans. Selon Jürg Schletti, de Proviande, la branche a été obligée de suivre, et il estime que 90% des bêtes sont donc déjà contrôlées.