Le chœur d’hommes Männerstimmen, dirigé par Oliver Rudin, s’est vu récompensé une fois de plus pour la qualité de sa musique. Il a été couronné dimanche passé «champion du monde» lors des World Choir Games, qui ont lieu à Cincinnati (Etats-Unis) du 4 juin au 14 juillet prochain. L’ensemble d’une vingtaine de jeunes chanteurs a décroché deux médailles d’or dans la catégorie chœur d’hommes. Il a aussi récolté une médaille d’or dans la catégorie musique sacrée.

Männerstimmen n’en est pas à ses premiers succès. Fondé en 2008 par d’anciens chanteurs du Knabenkantorei Basel, le chœur a rapidement été récompensé par plusieurs prix; notamment au festival international de Tallin en 2009 où il a été noté «excellent» par le jury. Pourtant, Oliver Rudin se dit «très impressionné» par cette victoire.

«La remise des prix était très émouvante et intense. Surtout que nous ne nous attendions pas du tout à remporter autant de prix, confie le directeur. C’est très rare que des groupes européens gagnent ce genre de compétitions.» Pour le chœur amateur répétant une fois par semaine, cette victoire signifie plus que des médailles: «Avec ces prix, le jury valorise aussi la bonne ambiance et l’amitié qui règnent dans notre formation. Il montre qu’il n’y a pas que la «perfection» qui compte», explique Oliver Rudin.

La participation aux World Choir Games s’inscrit dans le cadre d’une tournée de concerts aux Etats-Unis. Le chœur se produisait aussi la semaine passée à New York et mardi soir à Chicago. Une bonne manière de se faire connaître de l’autre côté de l’océan.

Le chœur suisse rencontre déjà un certain succès en territoire helvétique. «Suite à une collaboration avec les radios suisses et grâce à nos nombreux concerts, nous avons déjà gagné un public fidèle», peut-on lire sur le site des Männerstimmen.

L’art du décalage

La formation a eu cependant plus de peine à impressionner la critique américaine. Rick Pender, de CityBeat – hebdomadaire de Cincinnati –, a trouvé que les Suisses avaient «l’air d’un groupe européen un peu miteux». Il est vrai qu’outre-Atlantique, le style décalé des Bâlois peut paraître étrange. Bretelles, bérets et même sacs à dos, le tout dans des tons beiges et bruns: leurs costumes sont un doux mélange de vêtements un brin ringards et d’élégance «made in Basel». L’humour des Bâlois a dû surprendre le public de Cincinnati.

Ceci n’a pas empêché Männerstimmen d’être apprécié par son audience lors de ses deux prestations aux World Choir Games. «Le public américain est très enthousiaste. Nous avons eu droit à plusieurs standing ovations», s’enthousiasme Oliver Rudin.