Justice

Un collectif d’avocats à la rescousse des militants pro-climat

Douze conseils dont deux anciens bâtonniers vaudois défendront les activistes ayant participé à l’action «Roger» contre Credit Suisse en novembre dernier

Les douze militants pro-climat ayant participé l’automne dernier à l’action «Roger Federer» contre Credit Suisse à Lausanne passeront devant la justice. Ils peuvent compter sur une défense groupée et massive. Jeudi, un collectif de douze avocats bénévoles dont Mes Christian Bettex et Antonella Cereghetti, anciens bâtonniers vaudois, s’est constitué pour les représenter.

Ce matin de novembre, les activistes de Lausanne Action Climat avaient fait irruption dans les locaux du Credit Suisse à Lausanne pour y mimer une partie de tennis. Ils entendaient ainsi sensibiliser l’ancien numéro un mondial et ambassadeur de la banque à «l’impact néfaste de la place financière suisse en matière d’environnement». Une opération simultanée était organisée à Genève et Bâle.

A la suite de l’intervention de la police, douze militants ont été accusés de violation de domicile, de manifestation sans autorisation et de refus de se conformer aux ordres d’un agent de police. Ils ont fait opposition, en vain. L’ordonnance prononcée en mai, qui les condamnait à plus de 20 000 francs d’amendes et frais de justice, vient d’être confirmée. On peut s’attendre à un procès au Tribunal de police de Lausanne d’ici à la fin de l’année.

«Tous des pénalistes aguerris»

«Qui mérite réellement d’être condamné? Des jeunes qui défendent leur planète ou une banque qui contribue à̀ la détruire?» questionne Me Irène Wettstein, membre du collectif, qui précise que les noms des autres avocats, «tous des pénalistes aguerris», ne seront révélés qu’en septembre lors d’une conférence de presse.

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Ces dernières semaines, les actions spectaculaires en faveur du climat se sont multipliées, visant tour à tour la place financière ou l’industrie. Pour le collectif d'avocats, la justice doit se positionner par rapport à la problématique de l’urgence climatique. «Doit-on considérer que cet enjeu justifie ou excuse certains actes, ou au contraire qu’il n’a aucun poids juridique?»

«Lanceurs d’alerte»

Comme dans d’autres actions de désobéissance civile, menées au nom de l’antispécisme par exemple, la légalité se trouve confrontée à la légitimité. Me Christian Bettex, lui, semble convaincu: «Comment ne pas se ranger à leurs côtés et défendre ces lanceurs d’alerte qui tentent de réveiller nos consciences et celles, on peut l’espérer pour notre avenir, des banques et des industries qu’elles soutiennent?»

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L’action «Roger» ne sera sans doute pas la dernière à être traitée devant la justice. A Zurich, les militants condamnés par ordonnance pénale à 2 mois de prison avec sursis et à des frais de justice allant jusqu’à 1000 francs comptent également faire opposition. Ils seront notamment défendus par le Collectif de Défense, composé d’avocats genevois.

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