Le Conseil fédéral décidera-t-il ce vendredi de durcir encore ses mesures dans sa lutte contre le coronavirus, en imposant un confinement national, à l’image de ce qu’ont fait l’Italie, l’Espagne et la France? C’est désormais la question qui se pose alors que le nombre de cas positifs continue sa progression exponentielle. Les statistiques de ce jeudi indiquent 3900 cas – soit 800 de plus que le jour précédent – et 33 décès.

Le confinement, ce serait l’ultime mesure dont dispose encore le Conseil fédéral dans sa stratégie de montée en puissance par étapes: après la fermeture des écoles d’abord, puis celle des restaurants et l’interdiction de toutes les manifestations publiques et privées, le ministre de la Santé Alain Berset l’a toujours souligné: le gouvernement a agi ainsi par souci de proportionnalité et d’acceptation des mesures par la population.

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Les indisciplinés de l’espace public

Force est de constater que dans l’espace public, il reste des indisciplinés: des jeunes qui organisent des grillades en forêt et beaucoup de personnes âgées de plus de 65 ans qui continuent à faire leurs emplettes alors qu’on leur a enjoint de rester chez elles. Dans l’Arc lémanique, des voix se sont donc élevées pour réclamer des «mesures plus dures», notamment celle de la présidente du gouvernement vaudois, Nuria Gorrite. Mais cette dernière précise au Temps qu’il fallait surtout mieux protéger les travailleurs sur les chantiers ou dans l’horlogerie. «Nous ne demandons pas le confinement général de la population, cela ne serait pas applicable.»

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Lors d’un point de presse ce jeudi, Daniel Koch, chef de la division des maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), a laissé entendre qu’il ne soutenait pas une telle mesure. «L’Italie l’a adoptée en ultime recours, mais nous ne souhaitons pas en arriver là en Suisse», a-t-il estimé. Car en fin de compte, ce ne sont pas les mesures qui font la différence, mais bien leur respect par la population. «Le confinement n’est pas un but. Cela dit, c’est le Conseil fédéral qui tranchera en dernier ressort», a-t-il ajouté.

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Situation dramatique au Tessin

Désormais, tous les regards se tournent vers le Tessin, de loin le canton le plus touché par le virus, avec un taux de 180 patients pour 100 000 habitants. Son infrastructure hospitalière est sur le point d’imploser, soit de manquer de lits de soins intensifs, alors qu’il reste «160 lits de libres sur un total de 800 en Suisse», selon l’OFSP. «La situation y est dramatique», avoue Daniel Koch. Mais la Confédération ne laisse pas tomber le Tessin. «Nous lui livrons du matériel sanitaire, comme des respirateurs artificiels», a-t-il insisté.

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