Nouveaux trains

Pour un contrat de 58 rames, BLS choisit Stadler et écarte Bombardier

La compagnie bernoise commande 58 trains, pour une somme de 650 millions de francs, au constructeur thurgovien

Excellente nouvelle pour Stadler, mais nouveau coup dur pour Bombardier, déjà en proie à de graves difficultés financières: la compagnie bernoise BLS a choisi Stadler Rail pour sa commande de 58 rames automotrices de 105 mètres de long à un étage et six wagons. Elles seront destinées aux liaisons RegioExpress Berne – Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds (30 compositions), qui seront d’ailleurs prolongées au sud en direction de Spiez, Brigue, Domodossola et Zweisimmen, ainsi qu'au réseau du RER bernois (28 trains).

Les trains Flirt de dernière génération ont convaincu BLS qu’ils, selon le communiqué diffusé mardi matin, «répondaient le mieux au critère économique ainsi qu’aux critères de qualité, de confort des voyageurs et d’efficience de fonctionnement». Le communiqué de BLS précise que les coûts d’acquisition de 650 millions sont «nettement inférieurs aux coûts initialement prévus». Les nouvelles rames offriront de «vastes zones d’accès avec des places debout», de grandes vitres, des prises électriques en première et deuxième classes, «une bonne réception pour les téléphones portables et un espace de restauration» sur les rames RegioExpress.

Au sujet de BLS: Le BLS lorgne du côté de Lausanne

Sur la ligne Berne-La Chaux-de-Fonds

Les nouveaux véhicules seront mis en service entre 2021 et 2026 en remplacement de 43 anciennes rames, en particulier celles qui circulent sur la ligne Berne-La Chaux-de-Fonds et datent des années 70.

Le choix de Stadler Rail est soumis à un délai de recours de vingt jours. BLS prévoit de présenter les nouveaux véhicules cet automne. Le choix de la compagnie bernoise est une bonne nouvelle pour le groupe Stadler, mais une mauvaise pour son concurrent, le groupe Bombardier. Le directeur général de BLS, Bernard Guillelmon, cité dans le communiqué, souligne: «Nous avions deux offres concurrentielles de haut niveau sur la table.» Bombardier, qui travaille actuellement à l’assemblage des 62 trains à deux étages commandés par les CFF, comptait notamment sur ce marché.

La déception de Bombardier

Porte-parole du groupe canadien, Andreas Bonifazi exprime sa déception: «Nous regrettons ce choix et sommes déçus que notre produit innovant Talent 3, en service à de nombreux endroits, n’ait pas été retenu. Avec Talent 3, nous avons un modèle éprouvé et développé de telle façon qu’il est facilement accessible au niveau du quai. Nous pensons que ce modèle flexible était idéal pour le portefeuille de BLS: il est efficace sur le plan énergétique, dispose d’une capacité de sièges élevée, permet aux voyageurs de changer rapidement, se prête aisément à des options de développement», commente-t-il.

A propos de Bombardier à Villeneuve: Villeneuve assemble les trains duplex des CFF. Et après?

Cela aura-t-il une influence sur la présence de Bombardier en Suisse? «Pas directement. Le Talent 3 n’est pas produit en Suisse. La Suisse reste un marché important pour nous et nous avons heureusement décroché de gros contrats ces dernières années, comme les trains à deux étages des CFF et les trams de Bâle et de Zurich.» Andreas Bonifazi ajoute qu'une décision sur un éventuel recours ne sera prise qu'après une analyse détaillée des arguments ayant dicté le choix du concurrent de Bombardier.

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