Qui, dans cette affaire, s'avance en terrain découvert? Faute d'être soi-même un spécialiste des arcanes très tortueux de l'aide sociale, il est impossible de trancher. L'aplomb de la Municipalité de Lausanne est néanmoins troublant. Même expurgées de leur ton revanchard, ses réponses frappent le Contrôle cantonal des finances au point sensible de sa connaissance des lois et de leur application. Là où il devrait être inattaquable. Les doutes de ceux qui trouvaient hâtive la publication des critiques du CCF, sans que loisir soit donné à l'accusé lausannois de se justifier, s'en trouvent renforcés.

L'image qui en ressort est celle d'un gendarme des dépenses publiques grisé par son propre rôle, inaccessible aux complexités humaines des interventions de l'Etat et acharné à brandir le glaive. Mais un gendarme qui n'échappe pas pour autant à la tentation de la rancune face à une institution qui lui avait résisté une première fois. Cette image est dommageable alors que le besoin d'un contrôle rigoureux des finances vaudoises demeure. Mais pour qu'il soit incontestable, il lui faudra admettre de travailler avec un peu plus d'humilité.