Après trois ans de mise en œuvre, alors qu'elle touchera à la rentrée près de la moitié des 80 000 élèves de la scolarité obligatoire, la réforme de l'école vaudoise (EVM) a enfin un coordinateur. Pour occuper ce nouveau poste, créé dans le cadre de l'audit de réalisation d'EVM, Francine Jeanprêtre a choisi l'un de ceux que l'on a le plus souvent entendu critiquer l'application de cette réforme, même s'il l'a toujours soutenue dans son principe. Il s'agit de Philippe Martinet, 42 ans, qui vient tout juste de quitter la présidence de la Société pédagogique vaudoise, le principal syndicat des enseignants primaires du canton. Son mandat doit en principe durer deux à trois ans, durant lesquels il coordonnera le travail de la dizaine de personnes qui suit, à temps très partiel, la mise en œuvre d'EVM.

Ancien maître de primaire supérieure, titulaire d'un master en administration publique, et député écologiste de l'arrondissement de Nyon, Philippe Martinet sera en première ligne pour donner un profil compréhensible à une réforme dont il déplorait «le flou». Sa nomination doit permettre de combler le déficit d'information des parents. Elle répond surtout à la demande des directeurs d'établissements, déboussolés par le nombre des personnes intervenant dans la mise en œuvre d'EVM. «Entre les commissions de branches, de cycles, etc., cela représente une quarantaine de groupes différents, et il est vrai qu'il a manqué un pilote. Les moyens nécessaires ont peut-être été sous-estimés», avoue Francine Jeanprêtre. «Je suis conscient du côté paratonnerre de la fonction, mais après m'être bagarré dix ans pour des valeurs pédagogiques, j'ai pensé qu'il valait la peine de continuer», dit de son côté Philippe Martinet, «surpris» de s'être vu proposer le poste le 7 juillet… quinze jours après la dernière manifestation de la SPV devant le Château.

Au sein du Département de la formation, un autre audit ausculte l'organisation du Service de l'enseignement enfantin, primaire et secondaire (Seneps). Francine Jeanprêtre a annoncé qu'il serait bientôt conduit par un «directeur général», renforcé d'adjoints, qui pourraient venir du milieu du management et non de l'enseignement. La perle rare sera cherchée dans toute la Suisse, et jusqu'en France. Le changement répond à la volonté de doter le Seneps d'un chef qui soit clairement le supérieur hiérarchique des directeurs des écoles.