Affaire Buttet

Un coup dur pour le PDC

Le président du parti, Gerhard Pfister, est visiblement contrarié par cette affaire, qui survient dix-huit mois après la révélation de l’infidélité de Christophe Darbellay

Mercredi 29 novembre, Le Temps révélait que Yannick Buttet (VS/PDC) était visé par une plainte pénale en Valais, après avoir été interpellé dans la nuit du 18 au 19 novembre dans le jardin d’une femme avec laquelle il avait entretenu une affaire extraconjugale. Plusieurs élues et journalistes évoquaient également dans nos pages un comportement inapproprié du conseiller national à Berne. Ce dernier a été suspendu jeudi 30 novembre au matin de la vice-présidence du Parti démocrate-chrétien suisse.

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Pour le PDC, le coup est dur. Dix-huit mois après la révélation d’une relation extraconjugale de son ancien président Christophe Darbellay, l’affaire Buttet tombe très mal pour le parti de la famille. L’agacement du président, Gerhard Pfister, qui parle de «comportement inacceptable» à propos de son vice-président, est plus que perceptible. Cela tombe d’autant plus mal que Yannick Buttet incarne les valeurs familiales conservatrices au sein du parti: non au mariage homosexuel, non à l’éducation sexuelle à l’école, il avait même été en 2013 un ardent défenseur de l’initiative de l’UDC en faveur des familles traditionnelles.

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Les écarts de Christophe Darbellay et de Yannick Buttet inspiraient jeudi matin quelques persiflages aux parlementaires d’autres formations politiques. Et l’avis majoritaire était que la carrière politique de Yannick Buttet serait sérieusement compromise. Le Valaisan a demandé lui-même à son président, Gerhard Pfister, qui l’a accepté, d’être libéré provisoirement de sa fonction de vice-président du parti. En revanche, il ne songeait pas jeudi à démissionner de son mandat de conseiller national. Il ne l’envisagerait qu’en cas de condamnation, disait-il. «C’est une décision qu’il doit prendre lui-même», s’est contenté de commenter un Gerhard Pfister visiblement contrarié.

«Le reflet de notre société»

«Une histoire de ce genre n’est bonne pour l’image d’aucun parti», concède Gerhard Pfister. Il conteste cependant que la crédibilité du PDC soit entamée. «Je sais que tout le monde n’est pas de cet avis, mais j’estime qu’il ne faut pas tirer de conclusions du comportement d’une ou deux personnes. Le parlement n’est finalement rien d’autre que le reflet de notre société», analyse-t-il.

Si, au parlement, certains étaient d’avis qu’une démission était inévitable, d’autres, comme le PLR vaudois Frédéric Borloz, souhaitaient que Yannick Buttet continue son action politique. Le syndic d’Aigle met en avant la qualité de son travail, lui qui est aussi président de la commune valaisanne de Collombey-Muraz. Dans ce Chablais scindé en deux par le Rhône, ils sont voisins et leur collaboration est excellente, insiste Frédéric Borloz.

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Pour incarner le PDC en Suisse romande dans l’attente d’une décision à propos de l’avenir de Yannick Buttet au sein de la présidence, le parti comptera désormais sur le porte-parole romand Michaël Girod, les vice-présidents Anne Seydoux-Christe et Filippo Lombardi et la secrétaire générale Béatrice Wertli, parfaitement francophone. La suite des événements fera l’objet de discussions entre la présidence, le groupe et le PDC du Valais romand, dont le président, Serge Métrailler, s’est dit «profondément choqué» par les révélations du Temps.

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Dossier L'affaire Yannick Buttet

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