Un courant issu de l’islam déjà reconnu à Bâle

Aucune demande officielle n’a encore été déposée. Mais la Commission musulmane bâloise dit préparer sa demande pour obtenir une reconnaissance du canton. «La date de remise de la requête dépendra de la coopération de la population musulmane, ainsi que de Bâle-Ville», justifie Michael M. Hanel, vice-président de Société Suisse-Monde islamique.

Le canton est pionnier en Suisse. Depuis la modification de sa constitution en 2006, il a déjà accordé la «petite reconnaissance» à trois communautés religieuses, dont une ­indépendante d’obédience musulmane: les alévis, originaires de Turquie et connus pour pratiquer un islam peu dogmatique. La Communauté des chrétiens (anthroposophes) ainsi que l’Eglise néo-apostolique l’ont précédée en 2010 et 2012.

Plusieurs critères

«Cette reconnaissance est importante comme symbole. Nous sommes devenus un vrai interlocuteur du gouvernement», se félicite Hasan Kanber, porte-parole de la communauté alévie et ancien député socialiste au parlement bâlois. Elle leur a permis de proposer un enseignement religieux dans l’enceinte des écoles publiques: «Nous offrons depuis cet automne une heure de cours par semaine aux élèves du secondaire qui le souhaitent.» Quinze jeunes ont répondu présent.

La communauté ne profite pas, en revanche, de l’autre avantage offert par la petite reconnaissance: soit de recevoir des subventions pour un travail d’aumônier dans les hôpitaux et les prisons. «Nous mettons la priorité sur l’éducation», justifie le député. Contrairement à la «grande» reconnaissance, dite de droit public, dont bénéficient les communautés catholique-chrétienne, protestante, catholique romaine et israélite, les alévis ne sont pas autorisés à prélever d’impôts ecclésiastiques.

Pour obtenir cette reconnaissance limitée – que souhaite obtenir aussi la communauté musulmane bâloise – il faut répondre à plusieurs critères. «Respecter l’ordre juridique et la paix religieuse, présenter des finances transparentes, permettre à ses membres de la quitter, et prouver qu’elle a une certaine importance dans la société», explique Kaspar Sutter, secrétaire général du Département des finances. Ce dernier est chargé de vérifier ces conditions avant le vote final du parlement. Le processus dans son ensemble a mis près de deux ans pour les alévis, et il s’est achevé avec 68 voix favorables sur 100 au parlement fin 2012.