La léthargie dont souffre Fribourg est difficilement explicable par un manque d'initiatives individuelles ou le refus de prendre conscience des problèmes. Il suffit, pour s'en convaincre, de feuilleter le volumineux rapport édité l'an dernier par l'exécutif de la ville en réponse aux quatre-vingts (!) propositions émanant du législatif.

Toutes les idées susceptibles de dynamiser le Grand Fribourg, du resserrement de la collaboration intercommunale à la réforme de l'administration, en passant par la création d'emplois ou l'amélioration de l'attractivité de la ville, ont été émises.

Les réponses sont par contre empreintes d'un défaitisme crasse. Toute idée novatrice est écartée sur la base de l'un de ces trois prétextes: la marge de manœuvre légale est insuffisante, rien ne justifie le changement proposé, ou la réforme est déjà en cours. La philosophie politique sous-tendant cette attitude est simple: l'exécutif, dirigé par Dominique de Buman, fermé aux propositions de Pierre, Jacques ou Jean, entend rester seul maître à bord. L'idée, bonne ou mauvaise, n'est généralement pas examinée en tant que telle, mais jugée utile ou néfaste parce qu'elle provient de Pierre, Jacques ou Jean. Ce fonctionnement engendre rancœurs, méfiance, et repli sur soi qui poussent les uns au défaitisme, les autres à la soumission à la loi du plus fort.

Et rien, dans le système fribourgeois, ne permet de forcer la main d'un exécutif communal dont les fortes prérogatives sont garanties de manière étendue dans la loi sur les communes. Alors que dans d'autres cantons, la motion impérative permet à un législatif de forcer au changement, cet instrument n'existe pas en droit communal fribourgeois. Le débat parlementaire qui va s'ouvrir sur la modification de la loi sur les communes est ainsi d'une importance cruciale pour le dynamisme des agglomérations de Fribourg et Bulle.

W. B.