Un délégué suisse du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été assassiné mercredi en Libye. Il s’agit de Michael Greub, 42 ans, le chef de la sous-délégation de l’organisation dans la ville de Misrata. L’humanitaire s’était rendu à Syrte, 250 kilomètres plus à l’est. Après une réunion avec le Croissant-Rouge libyen, il se dirigeait en compagnie de deux collègues vers sa voiture lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur lui. Il est décédé à l’hôpital de Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi et là où le dictateur avait succombé aux mains des rebelles en octobre 2011.

«Nous condamnons dans les termes les plus vigoureux cette attaque odieuse», a dénoncé le directeur général du CICR Yves Daccord. Le président suisse Didier Burkhalter s’est dit «consterné». Michael Greub était expérimenté, puisqu’il avait effectué des missions en Irak, au Soudan, au Yémen et à Gaza.

«Ses collègues sont indemnes mais choqués», indique Salah Uddin, pour le CICR, depuis Tripoli. Leur voiture n’était pas clairement identifiée avec l’emblème de l’organisation. «Le mode opératoire que nous suivons en Libye», a précisé Wolde Saugeron, un porte-parole du CICR à Genève.

«Syrte n’est pas plus dangereuse qu’une autre ville. Mais même nous les Libyens devons faire attention, y compris à Benghazi ou dans la capitale Tripoli», commente Muhammad Mustafa Almosrati, du Croissant-Rouge libyen. Les expatriés sont particulièrement menacés. Les locaux du CICR avaient été visés en 2012 à Misrata et Benghazi, mais sans faire de victimes.

Attentat contre un général

Cet assassinat est une nouvelle indication du chaos dans lequel s’enfonce la Libye. Le même jour, le général dissident Khalifa Haftar réchappait à un attentat à Benghazi, dans lequel quatre soldats ont péri. Cet officier à la retraite avait déclaré à la mi-mai la guerre aux groupes islamistes qui prospèrent dans le pays. Légèrement blessé, le général a immédiatement promis des représailles