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Le delta du Rhône après la renaturation envisagée pour le canton de Vaud (image de synthèse, Etat de Vaud) 

Inondations 

Un delta naturel prévu à l'embouchure du Rhône 

Le gouvernement vaudois demande 60 millions de francs pour la correction du Rhône 

Chantier d'envergure, la troisième correction du Rhône connaît une nouvelle étape dans le canton de Vaud. Le Conseil d'Etat sollicite un crédit de 60 millions au Grand Conseil afin de sécuriser des terres ces dix prochaines années.

Cette enveloppe doit permettre de financer des études et des travaux prioritaires sur sol vaudois. Concrètement, le canton veut sécuriser le secteur entre Bex et Aigle par des élargissements du Rhône, renforcer des digues et créer un delta naturel à l'embouchure du fleuve, a-t-il annoncé vendredi. 

Pour le canton de Vaud, il s'agit là «d'un enjeu capital en termes de protection des biens et des personnes». Les dégâts pouvant résulter de crues et d'inondations dans la plaine du Chablais sont estimés à 500 millions pour le territoire vaudois, souligne le Département du territoire et de l'environnement. Quant aux premières corrections menées entre 1860 et 1890 puis entre 1930 et 1960, elles ne suffisent plus aux besoins actuels de sécurité.

Soutien de Berne

Aux 60 millions que sollicite le canton s'ajoutent un montant quasi équivalent de la Confédération (61 millions) et quatre millions des communes concernées. Pour cette première période de dix ans, les investissements atteignent donc 125 millions.

Reste que ces mesures ne seront pas sans conséquence sur l'agriculture. Le Conseil d'Etat reconnaît qu'elles vont impacter «de manière forte les terres agricoles atteignant pas loin de 15 hectares». Et d'évoquer des mesures collectives de remplacement, de remise en état, mais aussi la compensation de lourdes pertes de revenus pour certains propriétaires qui ont été discutées avec les offices fédéraux de l'environnement et de l'agriculture.

Premières critiques

Pour Pro Natura Vaud, le canton a mal négocié sur ce point. L'organisation de protection de l'environnement souligne que l'espace qui est redonné au Rhône s'est considérablement restreint au fil du projet, «notamment parce que les milieux agricoles ont réussi à éviter de devoir céder une partie de leurs terres». Elle estime ainsi que les intérêts économiques paraissent largement l'emporter sur ceux de la conservation de la biodiversité.

Au niveau du calendrier, le début des travaux prioritaires en Chablais et le delta sont prévus pour 2020-2022. La date du premier coup de pioche dépendra des oppositions à traiter. Et Pro Natura prévient: le canton prend le risque de retarder le début des travaux s'il ne respecte pas les lois et ne prend pas les mesures nécessaires pour améliorer la biodiversité.

Quant à la seconde partie des travaux, une nouvelle demande de crédit sera déposée ultérieurement. Mais le gouvernement indique déjà que l'investissement total dans le Chablais se monte à environ 730 millions de francs, dont 146 à charge du canton de Vaud sur 20 ans.

Dans le Chablais valaisan

La troisième correction du Rhône dans le Chablais concerne également le canton du Valais. Dans le Chablais valaisan, les investissements prévus pour la première période de dix ans atteignent environ 185 millions. Le coût total du chantier dans le Chablais valdo-valaisan pour les vingt prochaines années, il est estimé à près de 730 millions.

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