Sécurité

Un dépôt des années 40 reste dangereux

Guy Parmelin a informé jeudi soir la population de Mitholz (BE) que le dépôt de munitions qui avait explosé en 1947 présentait toujours des risques

Qu'avait donc Guy Parmelin de si important à dire à la population de la région de Kandersteg jeudi soir? Le ministre de la Défense avait convoqué une séance d'information, à laquelle a également participé le président du gouvernement bernois Christoph Neuhaus. Seul le thème avait été communiqué à l'avance: il voulait parler de l'ancien dépôt de munitions de Mitholz, près du Lac Bleu.

Construit entre 1941 et 1945, long de 150 mètres, celui-ci avait explosé dans la nuit du 19 au 20 décembre 1947. Environ 7000 tonnes de munitions étaient entreposées dans la caverne. L'accident avait provoqué la mort de neuf personnes, dont quatre enfants, blessé plusieurs autres des 200 habitants du village, détruit la gare et endommagé la ligne ferroviaire du Lötschberg.

Réaction en chaîne ou acte de sabotage

L'enquête ouverte après la tragédie n'avait pas permis d'établir clairement les causes de la déflagration. La piste d'une réaction chimique en chaîne mêlant azote et cuivre avait été privilégiée. Mais on avait aussi fantasmé sur d'autres scénarios, comme un acte de sabotage impliquant soit le gardien du site, mort dans l'explosion, soit un Russe ou un Letton vus dans la région.

Environ 3500 tonnes de munitions n'ont jamais été évacuées. Mais on partait de l'idée qu'il n'y avait plus de danger. La caverne a d'ailleurs été utilisée comme cantonnement et comme pharmacie militaire. Or, un récent rapport juge le risque d'explosion, 70 ans après la catastrophe, plus élevé que prévu. Aucune mesure urgente n'est nécessaire, mais Guy Parmelin a voulu annoncer à la population que le Conseil fédéral prenait la chose au sérieux et avait créé un groupe de travail pour évaluer la situation.

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