Moritz Leuenberger espérait que le calme revienne à La Poste après le départ brutal du directeur Michel Kunz à mi-décembre et la démission choc de Rudolf Hug, membre du conseil d’administration qui affichait ouvertement ses désaccords avec le président Claude Béglé. Il doit déchanter.

Mardi, Wolfgang Werlé, un économiste d’entreprise d’origine allemande de 61 ans qui siège au conseil depuis 2002, a à son tour claqué la porte. Il en a informé Moritz Leuenberger par écrit. Dans sa lettre, il évoque lui aussi des divergences de vues à propos de la direction et de l’organisation du conseil d’administration ainsi que sur la stratégie publiquement défendue par Claude Béglé.

Réélection statutaire en mai

Le conseil d’administration est ainsi réduit à sept membres. Deux d’entre eux, Marco Durrer et Andreas Schläpfer, viennent tout juste d’être élus. Ils sont considérés comme fidèles à la ligne proposée par Claude Béglé. Tout comme le syndicaliste Jean-Marc Eggenberger, membre depuis 2003, qui risque cependant de devoir abandonner son mandat car il quitte le Syndicat de la communication pour rejoindre une filiale de Swisscom.

Moritz Leuenberger a fait savoir mardi que les sièges vacants seraient repourvus lors de la prochaine réélection statutaire. ­Celle-ci interviendra en mai, au moment où le Conseil fédéral examinera si les objectifs stratégiques assignés à La Poste sont atteints. Lors de ce renouvellement intégral, Claude Béglé sera lui aussi soumis à réélection. Moritz Leuenberger lui a confirmé son soutien jusqu’à maintenant.

Auditions prévues

Mais la situation peut encore évoluer. Un autre départ n’est pas exclu. La presse dominicale alémanique a relevé que Nicola Thibaudeau, directrice de la société biennoise Micro Precision Systems MPS, avait elle aussi exprimé des divergences de vues. Moritz Leuenberger annonce de son côté qu’il compte «analyser les causes des différents départs».

Quant à Claude Béglé, son fonctionnement et sa soif de gouvernance sans partage ne sont pas sans susciter des sentiments croissants d’étonnement à l’intérieur de l’entreprise. Il devra d’ailleurs rendre des comptes devant les commissions spécialisées du parlement. A la fin du mois, la commission du Conseil national se penchera sur la loi sur la poste. Elle a d’ores et déjà prévu d’auditionner le patron de l’entreprise, de même que Moritz Leuenberger.