Vous avez aimé le dimanche 7 mars et ses multiples scrutins? Vous allez adorer cette journée. Les enjeux politiques sont majeurs et le suspense est à son comble. Partout, de Genève à Moutier, en passant par le Valais ou le canton de Vaud.

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A Genève

A Genève, tout d’abord, une question passionne bien au-delà du bout du lac: Pierre Maudet va-t-il succéder à Pierre Maudet? Ses chances de réélection sont réelles après son excellent score réalisé lors du premier tour où il avait obtenu 23% des voix. Il n’avait été devancé que par la Verte Fabienne Fischer. Soutenue par toute la gauche, elle reste la favorite, même si cette nouvelle venue en politique souffre d’un manque de notoriété. Le conseiller national Yves Nidegger s’est maintenu dans la course, mais avec ses 13,3% de voix au premier tour, l’UDC a déjà fait le plein de voix dans son camp. Quant à Delphine Bachmann, elle est l’invitée surprise de ce second tour. La présidente du PDC a décidé de se lancer dans la course après la décision du PLR de cesser le combat. Les chances de la petite-fille de l’ancien conseiller d’Etat Guy Fontanet sont minces, mais cette campagne lui permet de se faire un nom et de se profiler pour la succession de Serge Dal Busco en 2023.

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En Valais

Elections au Conseil d’Etat, également en Valais. Dans ce canton, c’est l’ensemble du gouvernement qui est renouvelé. Personne n’a été élu le 7 mars, mais Christophe Darbellay est déjà certain de conserver son siège en raison de la règle valaisanne de l’équilibre régional. Son collègue PDC Roberto Schmidt sera lui aussi plébiscité. Pour les autres, ce dimanche s’annonce plus tendu. Troisième à l’issue du premier tour, le conseiller national Mathias Reynard devrait être le premier socialiste francophone à siéger au gouvernement valaisan. Même si le score de l’UDC Franz Ruppen, seulement 6e, avait surpris, il devrait bénéficier d’une très forte mobilisation des Haut-Valaisans, qui craignent de perdre leur deuxième siège à l’exécutif. Quant au PDC Serge Gaudin, très peu connu avant cette campagne, il pourrait être celui qui fera perdre à son parti sa majorité historique. A moins que ce ne soit au final le conseiller d’Etat PLR Frédéric Favre qui morde la poussière. L’un des faits marquants de ce second tour est cet appel commun du PLR, du PS et de l’UDC pour une nouvelle formule gouvernementale de 2-1-1-1.

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Dans le canton de Vaud

Quant aux Vaudois, ils renouvellent leurs autorités municipales. A Lausanne, la majorité de l’exécutif restera clairement à gauche. Le PLR espère simplement obtenir un deuxième siège avec Florence Bettschart-Narbel. Toutefois son élection serait une grande surprise après le rabibochage de la gauche. Partis seuls au premier tour, les Verts ont rejoint les socialistes et le POP. Avec tout de même une surprise, la décision des Verts de présenter, aux côtés de Natacha Litzistorf, Xavier Company qui avait pourtant été largement devancé par son collègue Daniel Dubas lors du premier tour. Un choix qui n’a de loin pas fait l’unanimité et qui pourrait valoir quelques coups de crayon au jeune avocat.

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A Yverdon, deuxième ville du canton, l’enjeu est autre, la majorité pourrait passer à gauche. Lors du premier tour, deux socialistes et une Verte ont déjà été élus et ils pourraient être rejoints par deux autres municipaux de gauche. Le sort du syndic sortant, Jean-Daniel Carrard sera particulièrement scruté. Le 7 mars, le PLR n’avait terminé qu’à la 7e place.

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Les regards seront aussi tournés vers Vevey. Après une législature, marquée par de nombreuses crises, la municipalité sera totalement recomposée ou presque. Seul Yvan Luccarini qui a été élu lors d’une élection partielle l’an dernier devrait conserver son siège. D’autant qu’il a terminé en tête du premier tour. Sa formation, Décroissance-Alternatives située à la gauche de la gauche, pourrait carrément obtenir trois sièges. Quant au PLR, il pourrait faire un retour triomphant au sein de l’exécutif veveysan avec trois candidats fort bien placés au premier tour.

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A Moutier

Mis à part ces élections, un vote sous haute tension va tenir en haleine toute une région et même toute la Suisse, celui de Moutier. La Cité prévôtoise et ses 7500 habitants va-t-elle demeurer dans le canton de Berne ou rejoindre le Jura? C’est la huitième fois que la population s’exprimera sur son appartenance cantonale. La dernière fois, c’était en 2017 et à une courte majorité de 137 voix, les habitants de Moutier avaient décidé de rejoindre le Jura. Mais ce vote avait été invalidé. Le scrutin de ce dimanche sera le plus surveillé de l’histoire suisse et l’enjeu est de taille: mettre fin à la Question jurassienne. Tous les regards sont tournés vers ceux qui feront la différence: les quelque 800 personnes qui n’avaient pas le droit de vote il y a quatre ans. Opteront-ils pour la crosse jurassienne ou l’ours bernois?

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