C’est un drame sur fond de violence conjugale qui s’est joué lundi matin dans le quartier des Acacias à Genève. Un homme a été grièvement blessé par la police après avoir tiré sur sa compagne, la blessant au bras, comme l’a révélé la Tribune de Genève sur son site internet. Son pronostic vital est fortement engagé. Le couple a deux enfants, qui n’étaient pas présents au moment du drame. Le Ministère public genevois a ouvert une enquête.

Alertés par des voisins, faisant état des appels au secours d’une femme, les gendarmes sont arrivés au domicile du couple vers 8h30. «Sur le seuil de l’appartement, les deux policiers se sont trouvés face à un homme muni d’une arme de poing. Un policier a fait feu avec son arme de service», précise le communiqué du Ministère public. Le représentant des forces de l’ordre était-il en dans une situation de légitime défense ou d'état de nécessité? L’enquête de l’inspection générale des services de la police le dira.

«Risque de passage à l’acte maximal»

Directeur du foyer Arabelle, qui héberge des femmes victimes de violence conjugale, Marc-Antoine La Torre observe ces phénomènes au quotidien. «L’intervention de la police comme la rupture sont des situations où le risque de passage à l’acte est maximal», souligne-t-il, tout en précisant que chaque cas est unique. Lorsque les forces de l’ordre sont amenées à intervenir, sur appel de la victime, de ses proches ou de ses voisins, la situation a souvent atteint un niveau de tension élevé. «La police ne sait pas ce qu’elle va trouver derrière la porte.»

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Pour Marc-Antoine La Torre, l’intervention de la police peut permettre de rétablir le calme mais peut aussi présenter un danger supplémentaire. «Se sentant acculé, l’auteur peut agir de manière inconsidérée et se montrer dangereux envers autrui ou envers lui-même.» Selon lui, il est néanmoins rare qu’un auteur de violences conjugales décède lors d’une intervention dans un tel contexte. Une issue qui risque de constituer un traumatisme supplémentaire chez la victime.

Hausse des cas à Genève

A Genève, les cas de violences domestiques sont en augmentation: +31% en 2018 par rapport à 2017. Au total, les infractions pénales au sein du couple ou de la famille représentent la moitié des 4002 actes de violence recensés par la police cantonale. En 2018, les patrouilles de police ont été appelées à 586 reprises pour intervenir dans un contexte de violence domestique.

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