Mercredi matin, deux heures sonnent à l'horloge de Vuadens, dans le district de Bulle. La police cantonale reçoit l'appel d'une femme qui déclare que son ami vient d'être abattu par son mari avec lequel elle est en instance de divorce. L'assassin, assure-t-elle, a pris la fuite sans se défaire de son arme. Un peu plus tard dans la villa du drame, les policiers découvriront le corps sans vie d'un homme de 28 ans, abattu de plusieurs balles.

Un «important dispositif», selon les termes de la police, est alors mis en place. Vers 6 heures du matin, le mari est arrêté à son domicile, sans opposer de résistance. A ses côtés, les policiers découvrent un pistolet. Le tueur présumé est un maçon de 38 ans, domicilié dans le district de la Gruyère. Selon des voisins, il habiterait chez ses parents à Vuadens. Il aurait manifesté à de nombreuses reprises un tempérament jaloux: après leur séparation, «il n'a pas réussi à tourner la page», estime une voisine. «Nous avons entendu à plusieurs reprises des éclats de voix, des menaces. Nous nous sommes dit plusieurs fois qu'un malheur allait se produire». Un artisan du village ne parle pas différemment: «On s'attendait à ce qu'il se passe quelque chose, des cris fusaient régulièrement.» Selon la police, l'auteur présumé du crime a un passé chargé: il a été condamné une première fois en 1991 pour un «délit manqué de meurtre» par un tribunal militaire, et encore ce printemps pour «lésions corporelles simples et ivresse au volant».

Arrivé à Vuadens il y a une dizaine d'années, le couple s'était installé dans une villa proche de l'église. Depuis leur séparation, l'épouse vit dans la même habitation avec ses trois enfants, une fille de 18 ans et deux garçons de 11 et de 15 ans. Elle travaille dans un café de Vuadens.

Une voisine confie: «Lorsque j'ai appris la nouvelle, ma première pensée a été pour les enfants, en particulier ce petit garçon, qui est plutôt sensible. Les enfants sont très bien élevés, ils ont toujours été affables avec nous. En particulier la jeune fille, qui s'en sort très bien dans la vie.»

La victime était un employé de La Poste qui convoyait des fourgons. Il habitait dans une villa au-dessus du hameau des Colombettes, entre Vuadens et Vauruz. Se savait-il menacé? Les enquêteurs s'efforceront d'éclaircir ce point. Mais une chose semble claire: la difficile situation du couple alimentait les cancans du village. «Ils menaient une vie différente de la nôtre», y croit-on savoir. Lors de la séparation, «on espérait que leur vie de couple retrouverait un semblant de calme», raconte une voisine. Un espoir qui est resté vain.