La mobilisation pour ou contre le nucléaire aura une influence sur l’élection du nouveau conseiller aux Etats. Avec quatre candidats en lice, tout indique qu’un second tour sera nécessaire, le 6 mars. Pour conserver le siège que Simonetta Sommaruga avait ravi aux radicaux en 2003, puis brillamment conservé en 2007, la gauche a repris la stratégie gagnante de mars 2010: elle est unie derrière la conseillère nationale socialiste Ursula Wyss. Problème: la gauche est à la peine dans le canton de Berne. Elle atteint péniblement un tiers de l’électorat. Pourtant, Ursula Wyss devrait sortir en tête du premier tour.

A moins qu’Adrian Amstutz, candidat UDC, fasse le tabac que d’aucuns lui promettent. En 2007, l’UDC bernoise avait dépassé 33% des suffrages. Malgré la création du Parti bourgeois démocratique depuis lors, elle a bien résisté en 2010, obtenant près de 27%. Le PBD n’ayant pas de candidat dans l’élection partielle de dimanche, l’UDC semble en mesure de franchir la barre des 30%. Deux autres candidats joueront le rôle d’arbitre du duel Wyss-Amstutz et PS-UDC: l’évangélique Marc Jost, qui peut prétendre à 10% des suffrages au premier tour et les monnayer au second; et la conseillère nationale radicale Christa Markwalder, soutenue par le PBD. A Berne, PLR et PBD représentent 27% de l’électorat.

La personnalité des candidats et leur capacité à mobiliser, pour elles-mêmes ou par leurs prises de position, «remplit encore un peu plus la bouteille à encre», ironise un observateur. Le résultat de l’élection partielle sera encore influencé par la perspective des élections fédérales «générales» du mois d’octobre. Pour sauver le siège de son représentant Werner Luginbühl aux Etats, le PDB (16% en 2010) a-t-il intérêt à faire élire Adrian Amstutz ou Ursula Wyss? Et que fera dimanche soir le PLR, s’il entend rester crédible d’ici à l’automne?