De mémoire de porte-parole, c'est bien la première fois que la prestigieuse Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) est confrontée à une affaire de corruption. Une plainte déposée par la direction de l'établissement a conduit à l'ouverture d'une enquête et à l'arrestation d'un employé au profil plus technique qu'académique. Ce dernier, qui a passé dix-huit jours en détention préventive avant d'être libéré, aurait depuis plusieurs années touché des pots-de-vin de certains entrepreneurs de la région vaudoise en échange de mandats attribués grâce à son intermédiaire. Ces mandats portent, semble-t-il, sur de petites sommes relatives à des achats de fournitures et autres travaux d'envergure modeste qui échappent plus aisément aux procédures de contrôle.

Pour des centaines de milliers de francs?

C'est un bref communiqué du Ministère public de la Confédération (MPC) qui annonçait hier les soupçons de corruption passive et de gestion déloyale des intérêts publics ayant mené, le 24 juin dernier, à l'interpellation du principal intéressé ainsi qu'à des perquisitions à l'EPFL et au sein des entreprises concernées. Plusieurs prévenus, soupçonnés d'avoir versé les commissions illégales, ont également été entendus. La porte-parole du MPC, Andrea Sadecky, se refuse pour l'instant à articuler les montants incriminés. Ceux-ci se chiffreraient, selon d'autres sources, en centaines de milliers de francs.

De son côté, le chargé de communication de l'EPFL, Nicolas Henchoz, précise que les contrôles ont été récemment renforcés en matière de comptabilité. Cette procédure devrait permettre de voir où se situent d'éventuelles lacunes. «Le risque existe toujours. Nous avons toutefois montré notre capacité de réagir», ajoute ce dernier. Dans une institution – 3000 collaborateurs – qui construit, renouvelle, modifie et achète quotidiennement, il est certes difficile de parer à toute éventualité de malversation. Un risque qui diminue à mesure que grandit l'importance du projet et des montants en jeu. Les gros chantiers sont en effet soumis aux appels d'offres classiques et la conclusion de tels contrats à des mesures plus strictes.