Le Conseil national a lâché prise. Il renonce aux mesures qui touchent le plus durement les jeunes chômeurs. Par 94 voix contre 86, il abandonne l’idée d’imposer un délai d’attente de 260 jours aux personnes qui achèvent une formation. Par 96 voix contre 82, il n’exigera plus des chômeurs de moins de 30 ans sans charge de famille qu’ils se contentent de percevoir 260 indemnités journalières de chômage. Par 100 voix contre 81, il remonte de 130 à 200 jours le nombre d’indemnités auxquelles les jeunes de moins de 25 ans sans charge de famille auront droit. Il a ainsi corrigé la plupart des décisions prises en décembre et se rallie au Conseil fédéral et au Conseil des Etats. Ce qui n’empêchera pas le lancement d’un référendum, promis et annoncé par le PS et les syndicats.

Le libéral-radical vaudois Charles Favre a soutenu jusqu’au bout les mesures les plus sévères, et qui ont finalement été refusée. Il s’explique.

Le Temps: Pour quelles raisons avez-vous soutenu les mesures les plus dures envers les chômeurs?

Charles Favre: Parce qu’il faut absolument assainir l’assurance chômage, avec des augmentations des cotisations, ce qui n’est pas facile à accepter, car cela détériore la situation des entreprises, et aussi par des mesures sur les prestations. Nous estimons qu’il faut agir là où ça fait le moins mal, et nous considérions qu’on peut demander un effort aux jeunes. Ils ont surtout besoin de mesures de soutien sur le marché du travail plutôt que d’indemnités de chômage.

- La Commission fédérale de la jeunesse, l’Union des villes suisses disent cependant de faire attention à ne pas prendre des décisions qui enverront les jeunes à l’aide sociale. Que répondez-vous?

- On ne peut exclure que certaines personnes doivent recourir à l’aide sociale. Mais je crois surtout qu’il faut motiver et former les jeunes pour qu’ils trouvent un emploi, comme on le fait dans la plupart des cantons.

- Le week-end dernier, le peuple a sèchement refusé la baisse du taux de conversion du deuxième pilier. Ce résultat montre qu’il est nécessaire de présenter en votation des solutions équilibrées. En voulant durcir l’accès des jeunes au chômage, n’avez-vous pas tiré les leçons de ce scrutin?

- Si, mais il y a deux éléments. Le peuple nous a dit dimanche de faire attention dans le domaine social. Mais il y a la réalité de l’assurance chômage: elle perd un milliard de francs par année et sa dette dépasse 6 milliards. Ce sera entre 8 et 10 ces prochaines années. On doit donc trouver un équilibre entre ce souci social et notre responsabilité face à l’assurance chômage. Avec la décision prise mercredi, il faudra 17 ans pour éponger la dette au lieu de 13. Autant dire qu’on n’assainira jamais la dette de l’assurance chômage!