Transports

Un essieu défectueux a provoqué l’accident de Daillens

Le déraillement d’un wagon transportant de la soude caustique avait causé plusieurs jours d’interruption du trafic ferroviaire en avril 2015. Le rapport d’enquête publié ce lundi conclut que c’est un écrou dévissé qui a provoqué l’accident

Une boîte d’essieu défectueuse est à l’origine de l’accident qui s’est produit le 25 avril 2015 à 2h49 à Daillens, dans le canton de Vaud. Le convoi composé de 22 wagons transportait des produits chimiques de Bâle jusque chez Syngenta, à Monthey. A la hauteur de l’aiguillage de Daillens, le wagon numéro 20, contenant de la soude caustique, a déraillé, entraînant les cinq derniers fourgons dans sa culbute. L’un d’eux contenait de l’acide sulfurique, qui, comme la soude caustique, s’est déversé en contrebas des voies. L’accident n’a fait aucun blessé, mais a causé d’importants dommages à l’environnement, aux voies et à la ligne de contact. Le trafic ferroviaire avait dû être interrompu pendant plusieurs jours entre Lausanne et Yverdon.

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Le Service suisse d’enquête sur les accidents (Sese) a publié son rapport final d’enquête lundi. Celui-ci constate que, après l’accident, une boîte d’essieu du wagon incriminé manquait à l’appel. L’enquête conclut que «la perte de cette boîte d’essieu est le résultat d’un long processus, initié lors des travaux de maintenance de ladite boîte d’essieu en août 2011. Lors de cette opération, le disque de sécurité d’un écrou fixant le roulement sur l’essieu «n’a pas été assuré correctement. Petit à petit, l’écrou cannelé s’est dévissé», ce qui a provoqué le déraillement.

Révisé en Allemagne en 2011

Le wagon numéro 20 appartenait au groupe allemand VTG Deutschland à Hambourg et les travaux de maintenance avaient été effectués par la société allemande Kaminski Waggonbau. «Depuis la révision des bogies par l’entreprise Kaminski en août 2011, ce wagon a parcouru environ 43 000 kilomètres», dont 4000 exclusivement sur le réseau suisse depuis janvier 2015 jusqu’à l’accident, détaille le Sese. Les essieux datent du début des années 70. Le service d’enquête précise cependant que les contrôles «n’ont pas permis de déceler des manquements dans le système de qualité du traitement des essieux au sein de l’entité en charge de la maintenance du wagon n. 20.»

Sur la base de ses constatations, le Sese a formulé une série de recommandations à l’Office fédéral des transports (OFT). Il a demandé que l’atelier de maintenance prenne des «mesures correctives immédiates» dans le processus de montage des roulements des boîtes d’essieux, ce qui a été fait. L’OFT a également été prié d’informer les propriétaires de wagons dont les essieux ont été entretenus par l’entreprise concernée de procéder à des contrôles. Mille trois cents essieux ont ainsi été contrôlés.

Le Sese demande aussi que les rails-repères situés à certains endroits le long des voies soient retirés, car ils peuvent éventrer l’enveloppe d’un wagon si celui-ci se renverse. Il exige encore de revoir la certification des ateliers en charge de la maintenance.

Le Sese précise enfin que son rapport a pour but d’éviter la répétition d’accidents tels que celui du 25 avril 2015 et non d’établir des responsabilités pénales ou civiles.

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