La Suisse passe à l’ère du formulaire d’entrée dans le pays, comme d’autres Etats l’ont déjà fait durant la pandémie. Dès lundi, toutes les personnes vaccinées, guéries ou testées négatives devront remplir le formulaire SwissPLF (Passenger Locater Form) pour franchir la frontière.

Les possesseurs d’un certificat covid reconnu en Suisse devront avoir ce document préalablement rempli avec eux. Ils indiqueront ainsi, s’ils croisent un garde-frontière ou un policier, le moyen de transport utilisé pour voyager, le pays de provenance, l’identité et l’adresse du titulaire. «Ces informations ne seront conservées que durant quatorze jours et seront strictement utilisées pour contrôler l’entrée en Suisse», a promis vendredi le directeur de l’Administration fédérale des douanes (AFD), Christian Bock.

Est-ce que toute personne vaccinée, guérie ou testée négative qui passe la frontière devra remplir ce formulaire SwissPLF? La réponse est non. Les exceptions sont finalement assez nombreuses. Ne sont pas concernés les frontaliers, les personnes qui transportent des voyageurs ou des marchandises à titre professionnel ainsi que celles qui viennent d’une zone frontalière. Cette dernière catégorie englobe les habitants de ces régions frontalières ainsi que les Suisses qui y ont séjourné ou sont allés y faire des emplettes. S’agissant de la France, ces espaces frontaliers sont les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est.

Quatre vaccins reconnus

Les personnes qui ne possèdent pas de certificat covid valable devront présenter un test négatif (soit antigénique soit PCR, mais l’autotest ne sera pas reconnu) puis procéder à un second test quatre à sept jours après leur arrivée en Suisse. Cette variante a été préférée à l’autre qui avait été mise en consultation et qui prévoyait une quarantaine. Ces tests ne seront pas pris en charge par la Confédération. Cette règle ne concerne pas non plus les frontaliers ou les personnes venant d’une zone frontière.

Qu’est-ce qu’un certificat covid valable? Le Conseil fédéral précise qu’il s’agit des documents délivrés sur la base d’un vaccin reconnu en Suisse ou par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Il y en a quatre: Pfizer/BioNTech, Moderna, Vaccine Janssen de Johnson & Johnson et AstraZeneca. Ces deux derniers ne sont pas administrés en Suisse, mais le ministre de la Santé, Alain Berset, promet que des vaccins Janssen seront commandés afin de satisfaire les demandes, notamment celles des personnes allergiques.

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La perspective de nouvelles règles d’entrée en Suisse a effrayé la branche hôtelière, qui craint qu’elles ne dissuadent certains touristes. En guise de réponse partielle à ces craintes, le Conseil fédéral a en outre décidé que les certificats de vaccination étrangers, en particulier celui de l’OMS, seront admis pour accéder aux lieux et manifestations où le certificat covid est requis. Cette mesure est temporaire: elle est valable jusqu’au 10 octobre.

Contrôles aléatoires et amendes

Le corps des gardes-frontières ne sera pas renforcé pour effectuer les contrôles, indique Christian Bock. Ceux-ci seront d’ailleurs aléatoires, par pointages ou en fonction de risques particuliers liés par exemple à la provenance d’un véhicule. Mais des amendes pourront être infligées aux personnes non vaccinées se présentant sans preuve de test (200 francs) ou sans avoir rempli le fameux formulaire (100 francs).

Le Conseil fédéral n’a en revanche pris aucune décision à propos de la gratuité des tests, qui, selon une décision prise en août, s’achève le 30 septembre. Dès le 1er octobre, les prélèvements dits de convenance deviendront payants. Mais les protestations ont été vives. Tous les partis politiques sauf un se sont mobilisés pour demander au Conseil fédéral de renoncer à cette mesure, ou de la modifier. Ainsi, pour les Vert·e·s, «les tests covid doivent rester gratuits, car il est important que le plus grand nombre de personnes puissent se faire tester pour protéger leur entourage.»

Gratuité des tests: la porte reste entrouverte

Le gouvernement se dit prêt à examiner plusieurs scénarios. Il pourrait prolonger la gratuité des tests quelques semaines. Il pourrait la maintenir pour les personnes qui sont dans l’attente de leur deuxième dose de vaccin et ne seront pas encore immunisées le 1er octobre. Il pourrait rendre le vaccin partiellement payant. Une décision sera prise ultérieurement, annonce Alain Berset, guère motivé à revenir en arrière. «On ne sort pas de la crise avec les tests. Mais on en sort avec les vaccins», fait-il remarquer.

Le PLR est le seul parti qui ne souhaite pas renoncer aux tests payants. Il estime que leur gratuité saperait les efforts faits pour convaincre la population de tendre l’épaule à la piqûre. «Depuis l’annonce de l’extension du certificat covid, de plus en plus de personnes prennent rendez-vous pour se faire vacciner. Le vaccin reste le seul moyen de se protéger contre le virus et d’ainsi éviter des mesures plus restrictives. Les incitations à la vaccination doivent donc être maintenues», argumente-t-il dans un communiqué.