Asile

Un front presque uni contre l’UDC

Un comité interpartis défendra la réforme de Simonetta Sommaruga. Mais à gauche, certains ténors font défection

Tous contre l’UDC. Mardi à Berne, PDC, PLR, PBD, Verts libéraux, PEV, PS et les Verts sont montés au front pour soutenir la révision de la loi sur l’asile, combattue par l’UDC qui a lancé un référendum. Le peuple sera appelé à voter le 5 juin prochain. Message de ce comité interpartis: «Cette révision nécessaire et appropriée permet des procédures plus rapides, équitables et efficaces. Ceci dans l’intérêt des requérants d’asile et de l’Etat».

Ce comité, qui représente 130 parlementaires fédéraux, soutient la création de nouveaux centres fédéraux réunissant tous les acteurs sous un même toit et rappelle qu’à la clé, il y aurait des économies évaluées à 110 millions de francs suisses par an. Il défend également l’idée d’une représentation juridique aux côtés des requérants, afin de garantir que les procédures restent équitables et conformes à l’Etat de droit. Le conseiller national Marco Romano (PDC/TI) a aussi rappelé que la Confédération, les cantons, les communes et les villes avaient travaillé pendant près de cinq ans sur cette restructuration. Et qu’organisations et forces de gauche avaient ensuite collaboré de manière constructive à cette révision, fruit d’un compromis.

La gauche n’en est pas moins tiraillée. La semaine dernière, un «appel pour la sauvegarde du droit d’asile» a été lancé pour prôner le «non» à la révision. Il émane de personnalités lémaniques. Parmi les signataires, on trouve notamment l’ancien conseiller national Ueli Leuenberger (Vert/GE), qui avait pourtant soutenu la révision lorsqu’il siégeait au Parlement. «Je ne voulais pas voter comme l’UDC lors des votes finaux, explique-t-il. Mais depuis, des gens m’ont secoué. Cette loi contient beaucoup de choses néfastes». Il cite notamment des délais de recours beaucoup trop courts. Dans la foulée, la section genevoise des Verts a aussi décidé de laisser la liberté de vote. Et la section genevoise du PS appelle à voter blanc.

Les regards seront d’ailleurs tournés vers ces deux partis, ce samedi, puisque le PS Suisse et les Verts tiennent leur assemblée des délégués. Au PS, l’appui à la révision ne fait pas un pli. La section «Migrant-e-s» n’est pas satisfaite du projet. «Mais il n’y a pas d’alternatives. Nous n’allons pas nous ranger du côté de l’UDC», déclare Ishan Kurt, vice-président de la section. Des personnalités politiques comme Ada Marra par exemple ont cependant décidé de s’abstenir. «Je ne ferai pas campagne, confirme-t-elle. Cette restructuration est peut-être un moindre mal mais son bon fonctionnement dépendra des moyens financiers qu’on y met et là, j’ai des doutes».

Le débat s’annonce plus intense chez les Verts. Regula Rytz, coprésidente, est restée ainsi très prudente lors de la conférence de presse de ce mardi. «Ce sera probablement oui ce samedi, mais un oui critique et notre engagement dans la campagne dépendra du vote des délégués», dit-elle. Le sénateur genevois Robert Cramer a pour sa part décidé de s’abstenir. «Je ne m’oppose pas car je crains qu’une nouvelle révision soit pire encore. Mais je n’approuve pas non plus car la loi qui nous est soumise reprend des éléments que nous avons naguère combattus par référendum», se justifie-t-il, espérant que son parti fasse profil bas durant la campagne.

Ces réticences font craindre le pire à la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD), qui défend la loi tout en reconnaissant qu’elle est le fruit d’un compromis. «Si l’UDC parvient à convaincre 40% des citoyens, ce qui n’est pas exclu, et que la gauche n’est pas mobilisée comme elle le devrait, c’est loin d’être gagné», craint-elle.

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