Asile

Un futur centre fédéral pour requérants victime d'un acte de vandalisme

Un ou des inconnus s’en sont pris au centre de départ de la Gouglera, à Chevrilles (FR). Une enquête est en cours

Ils ont dévissé des robinets, endommagé des joints de lavabos et provoqué des fuites d’eau sur sept étages. Un ou plusieurs inconnus s’en sont pris entre vendredi soir et lundi matin au futur centre fédéral pour requérants d’asile de la Gouglera, à Chevrilles (FR). Le bâtiment, encore vide, était bien fermé à clé. Une enquête est en cours.

La police cantonale fribourgeoise, informée lundi matin seulement, n’est pas encore en mesure de chiffrer avec exactitude l’ampleur des dégâts, mais la Confédération, à travers le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), a d’ores et déjà déposé plainte pour violation de domicile et déprédation. C’est la première fois qu’un centre fédéral pour requérants est victime d’un tel acte de vandalisme, confirme Céline Kohlprath, porte-parole du SEM.

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Climat extrêmement tendu

L’affaire n’est en soi malheureusement pas étonnante. Car c’est dans un climat extrêmement tendu que s’était déroulée la première séance d’information à propos du futur centre, le 25 février 2015. La Confédération y avait annoncé qu’elle comptait gérer, dès 2017, un centre de 250 places pour requérants à Chevrilles. Des huées avaient retenti dans la salle, cris rehaussés par l’agitation de sonneurs de cloches. Pire, des feux avaient été allumés dans les collines environnantes.

Deux députés, un PLR et un UDC, ont contribué à électriser la foule. Le syndic n’a pas hésité à parler d’un «tsunami de requérants» qui allait déferler sur la commune; il s’en est excusé par la suite. Une syndique d’une commune voisine, qui était plutôt favorable à l’ouverture du centre, a, elle, été menacée. Comme la conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre.

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Accélérer les procédures

Le choix de Chevrilles s’inscrit dans le cadre de la nouvelle réforme de l’asile de la ministre socialiste Simonetta Sommaruga, avalisée en juin en votation populaire. Elle vise à accélérer les procédures. Près de 60% des dossiers de demandeurs d’asile devraient à l’avenir être traités en 100-140 jours dans des centres gérés par la Confédération.

Interrogé par «Le Temps» en mars 2015, le directeur de Caritas Hugo Fasel, choqué par le climat de haine qui régnait à Chevrilles, soulignait déjà avoir des craintes que la situation ne dérape. «Il y a encore beaucoup de tensions à l’intérieur même des familles, entre amis d’un même village, entre voisins. Jamais il n’y a eu un tel climat auparavant. Et il ne faut pas oublier que tous ceux qui ont participé à cette propagande ressentent le besoin de se justifier, de défendre leur propos», disait-il. «Un propagandiste ne se contredit pas, il fait un calcul froid. Et en plus, il se sent protégé puisqu’un parti lui donne raison, lui permet de tout dire et le couvre.»

L’acte n’a pour l’instant pas été revendiqué, confirme la police cantonale fribourgeoise.

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