Un jeu, guère plus: unanimes, les principaux partis affichent un amusement plus ou moins mêlé de curiosité à l'égard de ce que Martin Balisser, secrétaire général de l'UDC, qualifie de «gadget» internautique. Yvette Ming, coordinatrice pour la Suisse romande du PDC, estime que wahl$treet.ch n'a rien d'un baromètre fiable: «Internet est facile à manipuler. Comment savoir qui joue? Sans compter que les gens ne parient pas sur ce qu'ils pensent.» Autre critique: «Les raisons pour lesquelles tel ou tel parti prend de l'avance ne sont pas transparentes», estime de son côté Jean-Philippe Jeannerat, secrétaire central pour la Suisse romande du PSS.

Pour autant, même faussées, les courbes affichées par le site ne sont pas dénuées d'intérêt: «L'image peut être significative, à condition de s'intéresser aux tendances plutôt qu'aux scores, dit Martin Balisser. 20W$ pour l'UDC, c'est quand même beaucoup!» Le chef de l'information du PRD, Guido Schommer, renchérit: «Avant les élections de l'automne, wahlstreet.ch reflète assez bien la façon dont les partis sont vus et l'impact de nos actions.»

Yvette Ming voit une autre qualité au site: «Il permettra peut-être d'attirer au monde réputé sec de la politique des gens qui ne s'y intéressent pas.» Faux, pensent les autres personnes interrogées, à l'instar de Jean-Philippe Jeannerat: «wahl$treet.ch est réservé à une élite qui maîtrise à la fois l'informatique et la politique, de surcroît germanophone» (le site est en allemand, n.d.l.r.). Et, à l'entendre, là n'est pas le plus grave: «Il dévalorise le débat politique en accréditant l'idée que l'action des partis est un bien de consommation comme un autre.»