Le Suisse d’adoption Ali Benouari compte se présenter à l’élection présidentielle algérienne de l’an prochain. Celui qui a été ministre du Trésor de son pays d’origine en 1991 révèle ses ambitions dans la Tribune de Genève ce vendredi. «Je ne me lance pas par opportunisme mais parce que je pense pouvoir insuffler de la modernité au débat», déclare-t-il.

La succession d’Abdelaziz Bouteflika, arrivé au pouvoir en 1999 et sérieusement atteint dans sa santé, inquiète le financier établi de longue date à Genève. «La question est de savoir comment éviter que les islamistes, qui pourraient l’emporter à nouveau, n’exercent le pouvoir à leur seul profit», estime-t-il en appelant à des élections libres, tout en rappelant l’annulation du processus électoral de 1991 qui avait donné les islamistes gagnants – prologue à une prise du pouvoir par l’armée et à une décennie sanglante de guerre civile. «Il faut bien que quelqu’un soulève la question de la liberté de conscience, qui doit être consacrée dans la Constitution», poursuit le candidat, assimilant cette liberté à celle «de croire ou de ne pas croire».

Président d’une société financière, Ali Benouari a en outre fondé à Genève une Association suisse des musulmans pour la laïcité. Après avoir quitté l’UDC, il a rejoint les radicaux et s’est présenté en 2007 à l’élection du Conseil national puis, en 2009, à celle du parlement genevois, avec de piètres scores dans les deux cas. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est arrivé mardi à Alger de Paris, où il était resté hospitalisé depuis le 27 avril.