Pour ce jeune homme de 21 ans, converti à l’Islam en une poignée de mois, le périple djihadiste prend fin. Interpellé le 8 juin à sa descente d’avion à l’aéroport de Zurich, ce résidant genevois de retour de Turquie a été placé en détention préventive, annonce le Ministère public de la Confédération (MPC), confirmant une information de la Tribune de Genève parue mercredi.

Une procédure pénale a été ouverte à son encontre, les autorités judiciaires lui reprochant d’avoir enfreint la loi fédérale «interdisant les groupes Al-Qaïda et Etat islamique et les organisations apparentées». Il est aussi prévenu de «soutien, respectivement de participation à une organisation criminelle». Si ces deux infractions étaient avérées, le jeune homme pourrait encourir jusqu’à cinq ans de prison. Pour l’heure, le Tribunal des mesures de contrainte a ordonné trois mois de détention préventive.

Individu «non violent mais instable»

Le retour en Suisse – «connu des autorités qui l’ont préparé avec précaution», selon nos informations – résonne comme la fin d’un calvaire pour sa famille dont le père avait exprimé son incompréhension de cette subite radicalisation dans les colonnes du quotidien genevois en mai dernier. «Un jour de juin 2015, il a déboulé à la maison en disant qu’il avait reçu la lumière de la foi. Il voulait un tapis de prière et faisait déjà le ramadan. La religion était devenue son obsession.»

Dépeint comme un individu «non violent mais instable», apparemment en froid avec les études, il avait tout de même réussi à obtenir un emploi pérenne. Avant de changer d’obédience, le jeune homme – rallié aux catholiques intégristes – aurait été proche des milieux d’extrême droite et antisémites, où il aurait été en contact avec un «trentenaire musulman», celui qui l’aurait vraisemblablement convaincu de quitter la Suisse pour la Turquie, voire la Syrie ou l’Irak. A ce jour, rien ne permet de retracer les déplacements du jeune homme, ces six derniers mois.

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Avant de quitter la Suisse le 5 décembre, le jeune homme n’était pas inconnu des services de police, son père les ayant alertés de son inquiétude. Il avait même fait l’objet d’un entretien préventif de leur part. Sans succès. La Suisse ne dispose pas de base légale pour empêcher un départ de manière préventive, en dehors d’une instruction pénale. Et celle concernant le Genevois n’a été ouverte que le 19 février 2016.


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