Genève

Un gérant de fortune arrêté à Londres

Protagoniste de la célèbre affaire Virus, un financier genevois condamné pour blanchiment aggravé en 2013 a été arrêté le 16 mars à Londres et extradé à Paris. Mis en examen, il serait poursuivi pour blanchiment de fraude fiscale

Retour à la case judiciaire pour l’ancien responsable de la société de gestion de fortune genevoise GPF. Condamné à Genève en 2013 pour blanchiment aggravé, ce financier de 51 ans a été arrêté le 16 mars dernier à Londres sur requête du parquet français, alors qu’il était en partance pour les Bahamas, a appris Le Temps. Selon nos informations, il a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale par le parquet français.

Brièvement placé en détention extraditionnelle, «il a spontanément accepté d’être extradé en France», explique son avocate genevoise, Me Josiane Stickel-Cicurel. «Il n’a été entendu qu’une seule fois, pendant une heure, par le juge instructeur français, le jour de l’extradition, précise l’avocate. Il a été libéré sur-le-champ à la fin de l’audience.»

Au même titre que son frère cadet, ex-employé de HSBC, le gérant de fortune avait été l’un des protagonistes de l’opration «Virus», une vaste affaire de blanchiment d’argent issu du trafic de cannabis. Condamnés en procédure simplifiée en février 2013, les deux frères avaient plaidé coupables de blanchiment aggravé pour avoir participé à des opérations de compensation avec de l’argent de provenance criminelle.

En substance, des bénéfices du commerce de cannabis en banlieue parisienne avaient été remis, en cash, à des évadés fiscaux français dont les comptes suisses, gérés par les deux frères, étaient ensuite débités des mêmes montants en faveur de trafiquants marocains. Le frère aîné avait écopé d’une peine de 3 ans de prison, dont 6 mois ferme. Le cadet avait été condamné, lui, à 2 ans de prison avec sursis.

Dans la foulée, l’aîné avait déposé plainte contre son frère, l’accusant de s’être approprié les fonds libérés après le jugement, soit quelque 3 millions de francs. Une somme qui avait été saisie sur le compte de la société panaméenne Segoula, ouvert à la banque Pictet. A l’issue d’un accord entre les deux frères, la plainte avait été retirée et l’affaire classée.

Ne désirant pas confirmer si son client est désormais inquiété pour blanchiment de fraude fiscale, Me Stickel-Cicurel assure qu’il est «serein».

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