Par 36 voix contre 4, le Conseil des Etats a accepté d'ancrer dans la Constitution le principe d'une prise en compte des médecines complémentaires. A la différence du National, les sénateurs souhaitent en effet opposer un contre-projet à l'initiative «Oui aux médecines complémentaires».

Cette dernière exige une «prise en compte complète» des thérapies alternatives - une exigence excessive aux yeux d'une majorité d'élus. Mais ils sont aussi nombreux à trouver insuffisant le statut actuel de ces thérapies, auxquelles beaucoup recourent à titre personnel.

A ce malaise s'ajoute pour certains la crainte d'une acceptation de l'initiative. Plusieurs tentatives de compromis ont été ébauchées. C'est celle proposée par Rolf Büttiker (rad/SO) qui a convaincu: supprimer le terme «complète» dans le texte de l'initiative.

Moins contraignante, cette version ouvre la porte à différentes interprétations. C'est un article constitutionnel holistique, a lancé Pascal Couchepin en soulignant que les orateurs qui l'avaient soutenu lui donnaient déjà des contenus différents.

Le contre-projet permettra-t-il d'éviter le vote populaire? Rolf Büttiker s'engage à s'y employer. En attendant, le texte retourne au National.