Le baromètre électoral pronostique une nouvelle chute pour le Parti socialiste. De 19,5% en 2007, il reculerait à 18%, alors que la prise de température effectuée en octobre, juste un an avant les élections fédérales, laissait entrevoir une progression à 20,1%. «C’est très inquiétant de voir que le PS est ramené au niveau du PLR. Et c’est très inquiétant de voir qu’il y a un glissement à droite de tout le système politique», réagit son président, Christian Levrat.

Pour Claude Longchamp, il y a deux explications à cela. Premièrement, le programme politique du parti, adopté lors du congrès de Lausanne le 31 octobre 2010, est perçu comme étant clairement plus à gauche que le précédent. Le baromètre positionne même le PS plus à gauche que les Verts. Cette tendance était déjà apparue en cours de législature, notamment dans le cadre de l’enquête sur le positionnement des parlementaires sur une échelle gauche-droite effectuée en 2009.

«Deux ailes fortes»

Réaction de Christian Levrat: «Notre programme de parti a été difficile à communiquer. Beaucoup d’électeurs ont eu l’impression que les deux questions de principe qui ont été mises en avant dans le cadre d’une campagne médiatique dirigée contre nous, à savoir la suppression de l’armée et le dépassement du capitalisme, constituaient la base de notre campagne, ce qui est absolument faux.»

«Le PS reste mobilisateur sur les thèmes économiques, le chômage, la sécurité sociale, la santé, mais il a perdu d’anciens électeurs centristes qui ne se sentent plus représentés par la ligne du parti», analyse Claude Longchamp. Selon lui, ces électeurs partis vers les Verts libéraux ou le PBD sont plutôt des sociaux-démocrates alémaniques. Le fossé serait-il en train de se creuser entre les deux ailes du PS? «Le spectre politique est plus large en Suisse alémanique qu’en Suisse romande. C’est donc une question de champ politique. Mais nous désirons conserver deux ailes fortes et vivantes», répond Christian Levrat.

Le président regrette que le thème de la migration soit également jugé comme le problème numéro un par les électeurs du PS. Malgré cela, il annonce que le parti mettra encore plus l’accent sur les domaines dans lesquels il est jugé compétent par le baromètre électoral: les assurances sociales, les questions économiques, la santé. «Nous nous battrons pour que le PS survive comme force crédible dans ces domaines. Les élections d’octobre seront déterminantes pour l’orientation future du pays. Je reste relativement optimiste», conclut-il provisoirement. La présidence du PSS annonçait hier qu’une cinquantaine de ses sections soutenaient la réouverture de discussions sur certains points du nouveau programme du parti. Ces revendications seront traitées lors du Congrès ordinaire de 2012. (LT)