La démarche est inhabituelle. Hier vers 15h, 63 Roms hongrois sont arrivés à pied devant le Centre d’accueil pour requérants d’asile de Vallorbe (VD) pour demander l’asile politique à la Suisse, révèle Le Matin dans son édition du jour. Ils sont venus dans un bus loué à Miskolc, une ville de l’est de la Hongrie. Le chauffeur les a débarqués devant la gare de la localité vaudoise. Ils ont parcouru les 200 mètres jusqu’au centre en tirant leurs énormes sacs de voyage et certains poussant des landaus. Ils ont indiqué «avoir tout perdu» dans leur pays d’origine. Les autorités leur auraient même «confisqué leur logement».

Le centre vaudois étant quasi plein, le groupe a été séparé en trois: seuls une quinzaine de requérants logeront à Vallorbe. Quinze autres sont envoyés en bus à Pfäffikon (ZH) et une trentaine à Bâle.

Les chances des Roms d’obtenir l’asile sont minces. Citée par Le Matin, la porte-parole de l’Office fédéral des migrations (ODM) Léa Wertheimer souligne que la Confédération «traite chaque cas individuellement». Mais, de manière générale, «lorsqu’un requérant d’asile peut retourner dans un Etat tiers désigné comme sûr par le Conseil fédéral et dans lequel il a séjourné avant de déposer sa requête en Suisse, l’ODM n’entre, en règle générale, pas en matière.»

L’UDC n’a pas tardé à réagir. Le parti a diffusé un communiqué de presse mardi après-midi pour appeler le Conseil fédéral à la fermeté. Il demande à Simonetta Sommaruga «d’intervenir immédiatement pour couper court à ce flot migratoire en provenance de la Hongrie via le droit d’asile». Les médias hongrois font état de 20 000 Roms qui souhaitent quitter le pays en raison d’un projet de construction de stade dans un quartier de Miskolc.